Des mots sur un air de jazz…

Le nerf du jazz c’est l’improvisation !

Elle transporte ses messages entre les membres d’un corps musical pour que chacun articule son instrument, organe moteur de leur musique, organisme bien vivant.

L’improvisation, c’est le nerf du bœuf que les jazzmen sur scène affectionnent, matraquant  sur un rythme fou ce que leur dictent à tort ou à raison leurs instruments.

Je pourrais continuer à jouer comme eux toute la nuit avec mes mots comme ils me viennent sur ce thème. Mais poser des mots directement sur un air de jazz, c’est une toute autre paire de manche, un autre set, quoi !… Si je puis me permettre une dernière fois – je suis incorrigible, vous l’aurez deviné ! – cela n’est pas sans risque de taper sur les nerfs plus que sur ses pieds à mesure que le rythme défile et les mots se défilent .

Car le jazz c’est d’abord un rythme, un coeur qui bat :
swing, cool, bebop, à contretemps, syncopé… toujours vivant !

Le jazz, c’est aussi un son, le souffle de la vie qui passe dans ce corps instrumental. Ce sont ces mots que les instruments prononcent et qui nous charment par leur accent de cuivres claironnant, de cordes vibrant, de tambours battant, tels des bambins dans une crèche balbutiant leurs premières onomatopées. Pada pada pada padap … Biiii bap !

Et que nous disent-ils ? … Les aides maternelles se posent sans doute la même question et pourtant, comme le public de jazz, instinctivement elles perçoivent leurs intentions.

Et si on essayait à notre tour de mettre des mots sur cette musique,
des mots qui respirent… qui battent la mesure de notre coeur ?

Claude Nougaro était très fort dans cet exercice. Ses mots savaient trouver la résonance des thèmes d’origine.

« Quand le jazz est, quand le jazz est… là !  »

Allez-y, chantonnez ! … On entend presque le frottement des baguettes sur les charleys et le coup de grosse caisse sur le premier temps, non ?

Essayons, je disais ! … Il ne s’agit pas pour moi de vous faire ici un cours de musique, je n’en ai pas la faculté, loin de moi l’idée. Je vais même vous dire, j’improvise complètement cet article. Ça tombe bien, c’est le sujet. Et j’espère qu’il saura vous faire jaser.

Mais assez parlé, écoutons plutôt ! … « So What de Miles Davis« 

Cliquez sur l’image !  (à défaut de pouvoir l’écouter sur un meilleur support, car le son ici est plutôt médiocre)

Ecoutez en boucle, fermez les yeux… vous voyez quoi ?

Imaginez chaque instrument comme un mouvement dans un décor ou comme un personnage principal qui agit, qui parle.
Imaginez... à l’envers du film « ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle où Miles Davis a improvisé en direct la musique du film sur les images, à votre tour vous improvisez les images à l’écoute du thème de ce morceau de jazz culte.
Décrivez ce que vous voyez, posez les mots qui vous viennent sur la pellicule de votre film… sur quelques lignes.

Comme vous le sentez, essayez  !

Vous n’êtes pas obligés de suivre l’exercice… Postez un commentaire comme il vous vient.
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Un commentaire pour Des mots sur un air de jazz…

  1. Une ville, la nuit. Une voiture s’avance dans une rue, deux hommes patibulaires chuchotent à bord. L’un, Piano, conduit, l’autre, Contrebasse, l’accompagne. Ils cherchent leur chemin dans les dédales de la ville, sous une pluie qui vient à battre tout à coup la mesure. Les essuie-glaces s’actionnent par intermittence : « Tiii – Bap ! ». La voiture accélère. Contrebasse demande : « Dis-moi par où tu comptes passer ! ». Piano : « Touuut droit ! ». Ils sont éblouis par les lumières de la ville sur-éclairée par les cuivres clignotant : « Tiii – Bap ! ». Ils ont repéré le véhicule que Piano prend en chasse, pleins phares, en doublant à toute trombe. Les véhicules en face répondent par appels lumineux ou sonores : « Tiii – Bap ! ».

    Au même instant, dans la voiture poursuivie, Trompette fanfaronne : « Ah, c’est ça ! … vous traquez… la Trompette ! … vous avez pris vot’ temps, et vous voilà enfiiin… dans le bon train… pour traquer… la Trompette ! »

    Commence alors une course poursuite de laquelle Trompette se joue avec Sax, son complice qui prendra le relais quelques instants plus tard.

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