L’histoire électro de Pi

Ca y est ! … je viens de lire mon premier livre électro via l’application Ibooks de mon Iphone et je vais vous dire…

« Je n’en suis pas mort ! »

Ma victime, « L’histoire de Pi » de Yann Martel, histoire extraordinaire et aussi incroyable que le nom de son héros, Piscine Molitor Patel, dit Pi, fils de directeur de zoo à Pondichéry.

Et quelle n’a pas été ma surprise au premier abord !

L'histoire de PiLa définition de ce petit livre de 5 cm sur 7 est assez stupéfiante et la lecture tout à fait confortable après avoir choisi et réglé la police à la bonne taille, tout comme le rétro éclairage à la bonne luminosité.

N’importe où, dans le train, dans la salle d’attente du toubib, debout, assis, penché sur l’épaule du voisin, le jour, et la nuit surtout, toujours à portée de main, une seule, au pouce toujours prêt à tourner la page, une facilité et une disponibilité de tous les instants.

Si à cela on ajoute les multiples possibilités de marque pages, de surlignage, de prises de notes, de recherche rapide et surtout d’accès à toute définition instantanément, alors je le dis, sans langue de bois…

c’est juste génial !

Ce serait hypocrite de ma part de me cacher derrière la tendance nostalgique ambiante sur la défense du livre papier et de ses petits libraires qui ne me laisse pas indifférent.

Moi aussi, je préfère le parfum des livres, la texture du papier, tourner ses pages, lui tirer les oreilles quand l’ennui apparaît, reprendre le cours de l’histoire par les cornes, partager avec lui mon déjeuner, en tâches de gras, de  bière et de café, le tenir en main et en poche, lui retirer la laisse et le laisser gambader au hasard d’une page ouverte dans mon champ visuel encore vert d’une première lecture, prêt à fouler l’herbe de l’auteur et à mordre chaque mot à pleines dents.

Oui, j’aime cet objet de papier qui devient un compagnon extraordinaire comme Richard Parker, tigre du Bengale de trois cent kilos, pendant deux-cent vingt sept jours à bord d’un canot de sauvetage qui nous tire de l’ennui et nous garde en vie.

Certes, le livre papier pèse moins et l’aventure dure moins longtemps… quoi que !

Si j’affectionne le livre de poche, c’est parce qu’il tient dans la poche justement, de par ses mensurations idéales 10-18-2, que ce soit celle à l’arrière du jean ou celle à l’intérieure de ma veste.
Mais j’ai par contre en horreur ces livres encombrants, aussi gros qu’un dictionnaire, pourtant sans la moindre définition dedans, dommage ! … moi qui aime connaître le sens, la nuance de chaque mot dans son contexte au moment de ma lecture.
Imaginez, si en plus je devais amener mon dictionnaire avec moi dans le train, mon cartable ne supporterait pas le poids de deux Petit Robert.

Alors vous pensez, si je préfère mon livre électro à ces mastodontes de papier, qui plus est, ou moins est devrait-on dire, sans dictionnaire intégré !

Ne croyez pas que je me fais ici le défenseur du livre numérique, loin de là. Presqu’aussi loin que l’aventure de Pi l’a emmené sur 227 jours, je ne voudrais pas m’embarquer avec un sujet de discorde de trois cent kilos à bord qui pourrait me dévorer d’un coup de patte littéraire d’un Frédéric Beigbeder affamé.

Non, je donne très honnêtement mon avis sur cette expérience nouvelle.

Oui, le livre électro c’est génial…

Non, il ne remplacera pas le plaisir d’un livre de poche !

A chacun de nous de faire vivre ou survivre ce que l’on aime.

Pi a bien survécu, lui… et moi à son histoire, à ce documentaire animalier sur fonds marin, philosophique et spirituel sans images que les descriptions aussi précises que riches ne m’ont pas aidé à dessiner dans mon imaginaire.

Pis, elles m’ont donné le mal de lire avec des creux de vingt pages, les mots tanguant de la poupe à la proue, du franc-bord au plat-bord en passant inlassablement par la toile goudronnée, dans un canot de huit mètres sur 400 pages papier et 1675 électroniques.

« Jésus-Marie-Mahomet-Vishnu, je n’en verrai jamais le bout de cette histoire ! »

Tout comme Pi, plusieurs fois j’ai cru que mon heure avait sonné… Je fermais l’appli comme on ferme les yeux pour toujours. Et puis tout comme Pi, je les ai rouverts au petit matin poussé par l’envie de savoir, par une écriture habile qui a su me dompter et m’amener au bout de ce numéro de cirque avant de me libérer avec un goût amer d’inachevé, voire de déception à la page de débarquement.

« Tout ça pour ça ? … C’est tout ? … Ca s’arrête là ? … Ca ne peut pas finir comme ça ! »

J’ai comme l’impression qu’il manque quelques décimales à votre histoire, Monsieur Martel !

Vous aussi, laissez parler vos émotions dans une de ces rubriques :
avis de lecture ou avis de théâtre ou encore avis de ciné !

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2 commentaires pour L’histoire électro de Pi

  1. Phédrienne dit :

    Je récidive parce que le message envoyé de mon Iphone a vu ses lettres tronquées, désolée !
    Mais ça mérite au moins le bûcher ça! Plus sérieusement; le E.book empêchera peut-être la lecture de disparaître! Parce que ce qui compte, c ‘est la qualité du contenu ! De tous temps , les esprits chagrins ont proclamé la mort de la culture, à peu près chaque fois qu’ un progrès a été accompli. Tout le monde n ‘ a pourtant pas apprécié l’invention de l’imprimerie!
    Prenons donc les outils qui nous conviennent pour cultiver notre jardin!

    J'aime

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