Question de vie et de mort !

Episode 8, saison 1                                                     Episode précédent >>


M
athilde, mariée, 29 ans, dévouée à son mari, nostalgique de ce jour merveilleux de septembre 2002, déjà 10 ans !
Sandrine, célibataire, meilleure amie de Mathilde, 33 ans, l’âge du Christ, rien à foutre, pas croyante, le mariage très peu pour elle, aime faire la fête, danser, boire un p’tit coup… ou deux.
Catherine, célibataire, collègue de Mathilde, 38 ans, à fond sur Meetic, veut fonder une famille, elle approche de l’âge critique, rêve d’un mariage en grand avec une robe blanche…
Laetitia, divorcée, patronne de Mathilde, 2 enfants, la quarantaine, terminé les mecs qui ne s’assument pas, veut profiter des bonnes choses, voyager et rencontrer du monde, se lancer dans un nouveau projet…
Joëlle, mère de Mathilde, 57 ans, veuve depuis 5 ans, habitée par le deuil, les hommes, le mariage, c’est derrière elle…
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S (avalant de travers sa gorgée de Margarita) : Je rêve !
C : Quoi ?
S : Un sms de Mathilde !
C : Non ?
S : Si !

Sandrine lit le mot envoyé à 22h30 par sa meilleure amie.

Help

C : Help, comme au secours ?
S : Oui, comme au secours (elle regarde sa montre). Putain, il est presque 23 heures !
C (la paille dans la bouche) : Qu’est-ce qu’on fait ?
S (posant son verre vidé cul sec et prenant ses affaires) : Toi, je sais pas mais moi j’y vais.
Elle se lève et sort d’un pas pressé.
C (cherchant son sac) : Mais attends !

Voilà les deux copines bientôt à la porte de l’immeuble de Mathilde. Cette dernière n’a pas répondu aux appels de Sandrine durant le trajet en taxi, ce qui rend Sandrine très nerveuse.

S : Putain, réponds, Mimi !

Dix coups de sonnettes à l’interphone auront été nécessaires pour entendre enfin un clic libérateur mais sans le moindre son de voix. Au deuxième étage, Sandrine frappe à la porte. Elle est entrouverte. Elle la pousse. Catherine suit comme elle peut tant sa compère a avalé les escaliers comme sa Margarita.

C (atteignant le palier, essoufflée) : Mais attends-moi, Sandrine !

Catherine entre et rejoint Sandrine, tétanisée à la porte du salon. Le spectacle est… apocalyptique.

Mathilde est assise sur une chaise, en robe de mariée, une bouteille et un flingue à la main. Le corps de Paul, torse nu et les fesses à l’air, gît par terre dans une flaque de sang.

Catherine passe la tête et suffoque un « Jésus Marie Joseph ! » d’horreur avant de se retourner, prise de nausées.
S (aussi estomaquée) : Mathilde, mon poussin, qu’est-ce qu’il s’est passé ?
La mariée pointe l’arme vers son amie d’un geste brusque avec une grimace de désespoir autant que d’énervement :

M : M’appelle pas poussiiiiin !   (Pan !)

Le coup part. Catherine pousse un hurlement. Sandrine ne bouge plus, raide morte… de peur.
C (hurlant hystérique) : Mais… mais t’aurais pu la tuer, Mathilde ! … Pose ce pistolet ! Pose ce pistolet !
M (tendant l’arme à qui voudra la prendre) : C’est parti tout seul. Pardon… oh, pardon !
Sandrine retrouve ses esprits et saisit la pièce à conviction qui a bien failli avoir raison d’elle, la balle s’étant logée dans le mur derrière elle.
S : Putain, Mimi, qu’est-ce que t’as fait ?
M (tel un disque rayé) : C’est parti tout seul ! C’est parti tout seul ! (elle boit une gorgée de sa bouteille de whisky)
S (lui retirant la bouteille des mains) : Pose ça ! … Depuis quand tu bois ? … Calme-toi ! … Raconte-moi ce qui s’est passé, pou… Elle se retient à temps.
M : Je veux me réveiller. Je veux me réveiller. C’est un cauchemar !
C (la main sur le ventre, les yeux sur le cadavre) : Tu… c’est toi qui… Mathilde… mais, il est mort !
M (en sanglots) : J’voulais pas… hanc ! … Oh ! … C’est parti, hanc ! … tout seul.

S : C’est un accident, c’est ça ? … mais bordel, tu le sors d’où ce flingue ? Et ta robe de mariée, c’est quoi ce cinéma ?

M (une vraie fontaine) : Mais… hanc ! … il aurait pas du …hic ! … j’voulais pas… j’lui ai dit, hanc ! …
S : Calme-toi… Tu voulais pas quoi ?
M : Au début on jouait. C’est lui qui, hanc ! … voulait que je la mette pour, hic ! … une nouvelle nuit de noces. On avait un peu bu. Puis il est arrivé avec ça (elle montre le pistolet). Il a commencé à me frapper et me dire des trucs que j’aimais pas. Hanc ! … je lui ai demandé d’arrêter, hic ! … j’avais peur. Il m’a dit que c’était un jeu, que ça l’exc… hanc ! …
C (dégoutée) : C’est monstrueux !
S : Mais quel connard ! (lui tendant un mouchoir) … Tiens, mouche-toi, s’il te plaît !
M (après s’être mouché bruyamment) : Et puis… oh, Sandrine, j’avais trop mal, hic ! … je voulais que ça s’arrête. Je l’ai supplié. Et quand j’ai vu le pistolet posé par terre, hanc ! … j’ai pas réfléchi. J’voulais que ça s’arrête, c’est tout… Je l’ai pris. Je voulais juste le frapper avec. Mais, hic ! … le coup est parti tout seul !
S (la prenant dans ses bras) : Mon poussin, c’est pas ta faute. Il a eu que ce qu’il méritait.
M (inconsolable) : J’voulais que ça s’arrête, j’avais trop mal. J’voulais pas… Mais il bougeait, j’savais plus quoi faire… j’voulais que ça s’arrête… 
S (la serrant plus fort) : Oui ! … chh … calme-toi… On va s’en sortir… chhh… 

C (en panique) : Jésus Marie Joseph ! … Il faut appeler la police !

M (s’agrippant à Sandrine) : J’veux pas aller en prison ! … J’veux pas aller en prison ! …
C : Mais c’est de la légitime défense ! … On va leur expliquer !
S : Tu veux leur expliquer quoi ? Il a pris trois balles dans le ciboulot. Non, Cathy, c’est grave, là ! … Réfléchissons…

On sonne. Sandrine s’en occupe. Elle se rend à la porte. La voisine s’étonne du raffut depuis deux heures.

S (avec beaucoup de sang froid) : Excusez-nous, on a mis un peu fort la télé. On a testé notre nouveau home cinéma. … oui … Impressionnant, non ? … Vous connaissez Pulp fiction ? … oui … Ca déménage … oui … c’est bluffant, je vous l’accorde… Désolées … oui … on a fini… Excusez-nous encore. Merci … Au revoir Madame.

De retour dans la chambre, la tête sur les épaules et les idées claires, Sandrine a décidé.
S : On ne va rien dire à la police. (se tournant vers Cathy) Si tu veux, tu peux encore partir et tu n’as rien vu, t’étais pas là.
C : Mais… Mon dieu ! … On va toutes aller en prison !
S : Décide-toi et vite !

C : Mais il faut tout nettoyer. Ils vont retrouver son ADN !

S : Cathy… elle habite ici !!! … Calme-toi ! … Va plutôt me chercher tout ce que tu trouves, serpillères, seaux, produits nettoyants, draps.

Une heure plus tard.

C : On va faire quoi de Paul ? … On ne va jamais réussir à le porter dans cette couverture !
S : Je réfléchis.
C : Dis, on va pas le couper en morceaux comme dans « Le père noël est une ordure » ?
S : Tais-toi, au lieu de dire des bêtises. Je réfléchis.
M (asséchée) : Dans Volver, Penelope Cruz elle le met dans un congélateur.
C : Oui et ça a marché ! … T’as un congélateur ?
M : Oui, mais il est trop petit.
C : Et si on le coupe…
S : Tais-toi Cathy, pitié, tais-toi ! … Je réfléchis.

Dix minutes plus tard, dans un silence de plomb.

S : On va appeler Laetitia. Elle a un quatre-quatre. Elle va nous tirer de là.
C : Mais tu crois qu’elle va être d’accord.
S : Elle n’aura pas le choix !

Sandrine appelle sur son portable.
S : Allo, Laetitia ? … Je sais il est tard. On est chez Mathilde. On est dans une merde grave. On a besoin de toi et de ton quatre-quatre.

C’est une question de vie… (se tournant vers le cadavre) et de mort !

La saga « Mathilde se remarie ! » continue… cliquez ici pour la suite >> !

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3 commentaires pour Question de vie et de mort !

  1. thiebaultdesaintamand dit :

    Excellent!!! j’adore le silence de plomb… 😉

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  2. Tételle dit :

    Whouuu! Le virage à 180°!!!

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