Opération Lolita

Mathilde se remarie !                                 Épisode 11  / 15

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Mathilde, 29 ans, mariée, fidèle, rêve toujours de prince charmant, de robe de princesse, nostalgique du plus beau jour de sa vie, dix ans déjà !
Sandrine, meilleure amie de Mathilde, 33 ans, l’âge du Christ, mais rien à foutre, pas croyante, le mariage, très peu pour elle, célibataire, hédoniste de nature, aime faire la fête, danser, boire un p’tit coup, ou deux, et transgresser les codes dès qu’elle peut.
Catherine, Cathy pour les intimes, collègue de Mathilde, 38 ans et toujours célibataire, à fond sur Meetic, rêve de mariage en grand avec une robe blanche, elle y croit !
Lætitia, chef de Mathilde, 45 ans, divorcée, deux enfants, terminé pour elle les mecs qui ne s’assument pas et jouer leur mère au foyer, elle veut voyager et s’éclater, profiter de la vie, quoi !
Joëlle, mère de Mathilde, 57 ans, veuve depuis cinq ans, elle a fait son deuil, mais les hommes, le mariage, c’est de l’histoire ancienne.

Les bras chargés comme un jour de soldes…

Lætitia et Cathy retrouvent les autres filles dans une chambre d’hôtel luxueuse. Joëlle leur ouvre la porte.

— Les filles se sont endormies, leur chuchote-t-elle.
— Vous avez pu prendre une douche ? demande Lætitia en lâchant tous ses sacs.
— Oui, soupire Joëlle de soulagement. Ça fait du bien.
— Je ne rêve que de ça depuis qu’on a mis enfin les pieds dans cette ville, s’exclame la chef.
— Pareil ! lâche Cathy en même temps que ses courses. Les rues de Milan auront fini de m’achever. Je peux aller la prendre la première ?
— Oui, bien sûr, répond Lætitia. Mais ne traîne pas !
— Promis.

Cathy prend quelques affaires et s’enferme dans la salle de bains. Lætitia tombe dans les bras de Joëlle et craque nerveusement pour la première fois.

— Dans quel pétrin on s’est fourrées. Je ne suis pas sûre qu’on arrive à s’en sortir, Jo.
— On a fait au mieux. Tu as été formidable jusque-là, Lætitia… On compte toutes sur toi. Tu es épuisée, une bonne nuit te fera du bien.
— Oui, sans doute. Il reste encore de la route. Mais une fois à Venise, on pourra se reposer.

À cet instant, Sandrine se relève du grand lit, entendant la conversation des filles.

— Vous êtes revenues ?
— Oui, répond Lætitia, retrouvant son caractère de meneuse. Je nous ai pris des petites tenues pour notre arrivée à Venise. Celle de Cathy est éblouissante.

Notre Paul va en tomber à la renverse.

— Paul ? ne semble pas suivre Sandrine, dans le potage après sa mini sieste.
— Je veux dire celle qui jouera le rôle de Paul, bien sûr.
— Et qui est l’heureuse élue ?
— Et bien, toi, Sandrine. C’est le rôle dont tu as toujours rêvé, non ? Le mari qui trompe sa femme à Venise avec une pétasse à qui il a acheté une robe aux couleurs pétantes à Milan pour se l’’envoyer en l’air à Venise. La classe à la mode masculine, quoi !
— Et pourquoi pas toi ? rétorque l’intéressée. Tu m’as l’air bien plus préparée, avec tes cours de théâtre.
— Sérieusement, Sandrine, tu m’as bien vue, là ? Parmi nous, personne n’est en dessous du bonnet C. Sans vouloir t’offenser…
— Quoi, sans vouloir m’offenser ?
— Écoute ma chérie, appelons un chat un chat. T’as plutôt pas beaucoup de poitrine.
— C’est pas parce que j’ai pas des obus de première guerre mondiale que j’ai pas de poitrine. Faut pas déconner là !

À cet instant, Cathy sort de la salle de bain, les seins enroulés dans une serviette, visiblement pas totalement recouverts.

— Ne te vexes pas, Sandrine, tempère Joëlle. Ce n’est pas le sujet. Tu comprends bien que pour le rôle d’un homme, tu es la mieux placée.
— Des petits seins, c’est bien aussi, s’en mêle Cathy. Je connais un mec…

— Évidemment, si « Bonnet M » reprend le refrain, j’ai plus qu’à chanter du Birkin, moi !

— Oh lala ! Tu ne vas pas nous faire un complexe à trente piges, dédramatise Lætitia.
— OK OK ! C’est bon, j’ai pigé. Il est où le costume du gros con ?
— S’il te plaît, Sandrine, s’offusque Joëlle, un peu de respect, on vient à peine de l’enterrer.
— Tu vas voir comment je vais te mettre, ma petite Cath’, s’amuse le futur acteur, d’une voix grave et courant après sa proie qui en perd sa serviette. Si t’as jamais vu les étoiles, avec moi tu vas faire le tour des galaxies.
— Mais euh ! Arrête Sandrine !

Les deux filles se chamaillent sur le lit. Cathy, complètement nue, n’est pas rassurée après ce que lui a dit Mathilde.

— Arrête, je te dis, je ne trouve pas ça drôle. Laisse-moi m’habiller.
— T’inquiète, j’attendrai mon heure, ma chérie, continue Sandrine de sa voix masculine.
— Bon, je vais prendre un bain, moi, annonce Lætitia, histoire de me relaxer avant de reprendre le volant. On décolle dans une heure… Jo, j’aurais besoin de tes talents de kiné, si tu veux bien, ajoute-t-elle, s’étirant la nuque. Là, je suis complètement nouée.
— Oui, bien sûr, répond Joëlle. Il nous reste combien d’heures de route ?
— Quatre, tout au plus, je dirais. On devrait arriver avant 22 heures. J’espère !

La porte de la salle de bains se ferme. Sandrine étale le costume sur un pan du lit quand Cathy déballe la robe de femme fatale. Sandrine est conquise.

— Wouahou ! Mais vous l’avez dénichée où ?
— Dans une des boutiques les moins chères à Milan ? On l’a eu pour mille euros, et encore, avec la ristourne.
— Hein ? J’espère que Paul n’entend pas sinon il se retournerait dans son terrain vague.

Mathilde sort de la pièce voisine et voit Cathy enfiler une splendide robe, rouge pimpant.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Une robe cocktail, qu’elle a dit la vendeuse.  C’est sobre pour l’Italie.

— Ça fait pas un peu… ?
— Lolita ? Carrément ! J’adore ! s’exclame Sandrine qui s’approche de nouveau avec vigueur et sa voix grave de la belle. Oh ! toi, tu vas me rendre fou, bébé !
— Arrê-teu ! T’es pas drôle !
— Où est ma mère ? J’ai un mal de crâne !
— Dans le spa, à côté, répond Sandrine. Elle prodigue un massage à notre pilote avant de reprendre le rallye.
— Elle a toujours des comprimés miracle dans son sac.

Mathilde se dirige jusqu’à la salle de bains. Elle frappe un coup à la porte tout en l’ouvrant. Elle la referme aussitôt, comme si elle avait vu Paul, et se précipite sur le lit et s’y s’écroule en pleurant. Cela faisait longtemps, semblent se dire, de concert, les regards des témoins. Joëlle sort de la salle hantée, confuse.

— Ma chérie, je vais t’expliquer !


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4 commentaires pour Opération Lolita

  1. Gwenaëlle dit :

    Opus ! Pas tout compris moi !

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  2. Zezette dit :

    J’aime!
    Mais la tu exagère tu a fait fort pour le suspense !!!!
    J’ai hâte.
    Bisous bon dimanche

    Envoyé de mon iPhone

    J'aime

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