Un peu court…

Episode 16, saison 1                                                   Episode précédent >>

Mariée 23Mathilde, mariée, 29 ans, dévouée à son mari, nostalgique de ce jour merveilleux de septembre 2002, déjà 10 ans !
Sandrine, célibataire, meilleure amie de Mathilde, 33 ans, l’âge du Christ, rien à foutre, pas croyante, le mariage très peu pour elle, aime faire la fête, danser, boire un p’tit coup… ou deux.
Catherine, célibataire, collègue de Mathilde, 38 ans, à fond sur Meetic, veut fonder une famille, elle approche de l’âge critique, rêve d’un mariage en grand avec une robe blanche…
Laetitia, divorcée, patronne de Mathilde, 2 enfants, la quarantaine, terminé les mecs qui ne s’assument pas, veut profiter des bonnes choses, voyager et rencontrer du monde, se lancer dans un nouveau projet…
Joëlle, mère de Mathilde, 57 ans, veuve depuis 5 ans, habitée par le deuil, les hommes, le mariage, c’est derrière elle…

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M : Mais je vous jure, je ne suis pas folle… C’est moi qui l’ai tué !

Le commissaire se caresse la moustache du bout de l’index, dubitatif, en regardant attentivement Mathilde, dans des états vestimentaire et nerveux lamentables. Il jette un regard désabusé vers Sandrine et Joëlle qui n’en mènent pas large. Il respire un grand coup profondément, agacé par toutes ces versions qui se contredisent, un lundi, depuis sept heures du matin… une semaine qui commence décidément mal. Il prend la parole dans un français tout à fait correct.

« J’entends bien madame. Vous avez tué votre mari, à Paris. Vous l’avez enterré en Suisse et vous êtes venu à Venezia (il marque une pause et sourit) voir si des fois il y était avec sa maîtresse, c’est ça ? »

M : Mais Venise, c’était une idée de Laetitia !

Le commissaire : Oui, Laetitia… celle qui est rentrée à Paris avec l’autre femme qui jouait la maîtresse.  (Il sourit à nouveau) … Ingénieux ! (il reprend un air sérieux) Sauf que le brigadier Bolotelli, ici présent et qui revient de l’Hôtel Barbarigo, vient de nous confirmer que monsieur Teixier, votre mari, a été identifié, photo à l’appui, en compagnie d’une dame, et c’est regrettable malheureusement non enregistrée. Le réceptionniste est formel, ils sont repartis bras dessus bras dessous hier matin, avant de disparaître. Et de plus, sa carte Visa vient d’être authentifiée à l’instant par votre banque.

M : Identifié avec la photo ? …Oh, c’est fort de café !

Lc (avec un humour bien français) : Hé ! … Vous êtes ici in Italia !

M (outrée vers Sandrine) : Mais… 

Lc (de nouveau sérieux) : Madame Teixier, s’il vous plaît ! … J’aime beaucoup la France, et vous êtes la preuve vivante des beautés qu’elle cultive. (il caresse à nouveau sa moustache agrémentée d’une petite moue) … Oh, bellissima ! … J’y ai moi-même vécu avec mon père durant mon enfance, dans le sud, à Toulon. (sur un ton théâtral)  Ah, la culture ! … votre patrimoine n’a rien à envier au notre et croyez-moi la Roma se sent toute petite à côté de la grandiosa Parisis. (il reprend une diction normale) … Mais, excusez ma franchise un peu crue,

Ici, in Italia, les histoires de cul sont légions.

Comprenez-moi… Une femme qui suit son mari et qui découvre sa liaison dans un hôtel, c’est le sport national féminin chez nous. Quand elles ne jurent pas qu’elles vont le tuer, elles croient, comme vous, l’avoir déjà fait tellement la nuit elles sont dévastées par un sentiment de colère et de vengeance. 

M (elle n’en démord pas) : Mais… Mais moi je l’ai tué !
Lc (agacé) : Madame Teixier, admettons que vous l’ayez tué en France et enterré en Suisse. Ce n’est pas mon affaire. C’est celle des autorités françaises et suisses. Allez les voir et dites-leur où se trouve le corps. Basta !
M : Mais… je sais pas où… je dormais. (se tournant vers Joëlle et Sandrine) … Elles savent, elles !

Sandrine prend un air sincère d’étonnement autant que de désolation devant l’état de détresse de son amie. Quand Joëlle, une pensée pour Laetitia, regarde droit devant masquant toute expression.

Lc  (s’énervant pour de bon) : Ecoutez, c’est un peu court, jeune femme !

Mathilde s’effraie de voir le commissaire se lever et se diriger vers elle, la prenant par le bras énergiquement.

Lc : Bon, il est cinq heures de l’après midi, j’ai plein d’affaires à élucider, avec de vrais cadavres qui remontent du Grand Canal… (il l’entraîne vers la sortie, les autres filles les suivant de près) … Alors, je vous promets, si votre mari refait surface, d’une manière ou d’une autre, je vous appelle en personne. Mais en attendant, retournez chez vous, votre mari est sans doute déjà sur le chemin du retour, des alibis plein les poches.

M (bousculée encore une fois) : Mais heu ! … Ca suffit de me balloter à tout va ! … Je ne suis pas une poupée !

Mathilde fond en larmes une fois dehors. Ca devient pénible, pense alors Sandrine qui se retient d’éclater. Elle souffle malgré tout, réalisant qu’elles viennent de frôler la catastrophe. Joëlle prend sa fille dans ses bras.

J : C’est fini, ma chérie, c’est fini. On va rentrer.

Mathilde s’écarte brusquement et sèche ses larmes aussitôt, menaçant sa mère du doigt.

M : Oh, non, c’est pas fini ! … Oh, non !  … On va rentrer mais une fois là-bas, j’irai…

Un bruit sourd, Sandrine qui s’est intercalée entre elle et sa fille, Joëlle n’a rien vu venir. Sa fille est parterre, complètement sonnée.

J (estomaquée) : Sandrine, non mais t’as fait quoi ?

Un œuf se forme soudain sur le front de Mathilde.

S : Ca s’appelle un coup de boule. J’ai appris ça au lycée avec Enzo. Ca fait deux jours que ça me démangeait. Putain que ça fait du bien !

Mathilde passe sa main sur le front, la douleur est vive. Elle regarde Sandrine avec stupeur. Elle a envie de hurler mais se retient, une appréhension.

S (le visage fermé) : Tu vas nous emmerder encore longtemps ou tu comptes redevenir une adulte responsable ?
M (épuisée, sans arguments) : Pardon… Pardon…
J (l’aidant à se relever et la serrant à nouveau dans ses bras) : Viens, on va trouver une pharmacie.
M (se reculant) : Aïe ! … S’il te plaît, ne touche pas. Ca pique !
J (scrutant le front de sa fille) : C’est moche. Un coup de boule, mon dieu… Sandrine, t’y es allée un peu fort !
S (plus détendue) : C’est pas moi qui ai commencé, hein poussin ?
M (en réflexe) : Arrê… teu !
S (se jetant dans se bras) : Ah, ça y est, on l’a retrouvée, notre Mathilde !
M (se reculant à nouveau, la main sur le front) : Aï…euh !

S : Pardon, poussin ! … Han ! j’ai la dalle. On se fait des vrais pastas ce soir avant de prendre le train de nuit ? … Allez quoi !

Mathilde hausse les épaules, Joëlle acquiesce de la tête.

S : J’en connais un génial, chez Roberto. Oh, putain j’ai la dalle ! … (sortant son téléphone de son sac et en deux trois mouvements) ... Allo, Laetitia ? …

Sandrine expire un ultime soulagement.

S : Tu peux défaire ta valise, on ne va plus en prison !

Fin de la saison 1 de la saga « Mathilde se remarie ! ».

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2 commentaires pour Un peu court…

  1. Gwenaëlle dit :

    Ça y est j’ai tout lu, j’ai enfin fini par m’y retrouver entre M, C, L, J, S sans remonter toutes les 2 mn en haut de l’épisode… Et j’ai tout compris.. Alors est ce que J va se réconcilier avec L, est ce que M va s’arrêter de pleurer, est ce que C va trouver l’homme de sa vie… Elle est finie la saison ? Ah bon..
    Bien joué l’artiste, c sympa !

    J'aime

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