Les brèves du Café…

La fête à la virgule

« Fernaaaando Torres, mon ami !

Khalid débarque dans le café, l’écharpe bien serrée autour cou, comme s’il venait de se pendre, un livre à la main.
– Salut Khalid ! lui répond Fernand après avoir relevé la tête de ses nombreuses feuilles griffonnées.
L’écrivain local lui tend la main pour le saluer.
– Holà ! J’te sers pas la main aujourd’hui. Je sors d’une gastro, j’te raconte pas. C’est vraiment la merde putain !
Il enchaîne aussitôt indifférent à la cocasserie de son propos.
– Mais t’as changé de place ! 

Ce qui est formidable avec Khalid c’est qu’il ne le fait même pas exprès. Cette spontanéité inconsciente des mots qui se jouent de lui en devient presque drôle.

Heureusement, Tonio, trop loin dans la salle pour entendre, ne relèvera pas.
– Comme tu vois, répond Fernand. Mes écrits en sont métamorphosés. Incroyable !
– Fais lire !
– Non, non ! … Tu achèteras le livre comme tout le monde, rétorque-t-il en riant.
– Tu parles de livre justement, reprend Khalid, j’suis en train de lire Proust en ce moment. T’as vu ?
Il tend le livre à son mentor littéraire, pas peu fier.
– C’est pas du chiquet !
– Du côté de chez Swann, lit Fernand sur la couverture. Très bon choix ! 

Françoise qui débarquait derrière le comptoir et avait tendu l’oreille, jette un regard désabusé sur le jeune lecteur, un tel ouvrage en sa possession, avant de lancer, d’une voix amusée :

– Par quel concours de circonstances tu t’es retrouvé avec Proust dans les mains, dis-moi ?

– Hé hé ! jubile le garçon. T’aimerais bien savoir !
Françoise hausse les épaules et continue d’essuyer ses verres.
– J’te sers quelque chose ? … Un demi ?
Khalid fait la moue, hésitant.
– Wof ! … Je sors d’une gastro, je préfère pas tenter le diable. Euh…
– Tu veux une tisane ?J’ai tilleul-menthe ou verveine, lui propose la serveuse.
– Wof ! … non mets moi un whisky-coca, ça fera passer.

Françoise s’exécute, blasée devant cette automédication masculine de comptoir.

– Merci ! s’adresse le malade à son aide-soignante qui lui tend la collation. Et d’ajouter :
– Si tu veux tout savoir, c’est Nicole qui me l’a prêté.
– Nicole ?
s’étonne Fernand le premier.
– Ah bon, je t’ai pas dit ? semble aussi surpris Khalid. En fait, j’ai sympathisé avec une nana à Pôle Emploi, il y a un mois environ. Elle cherchait un poste dans la même branche que moi, alors…
– Il y a des femmes chauffagistes ? s’étonne à son tour Françoise.
– Hé z’y va elle ! s’insurge Khalid. J’ai fait ça une fois pour dépanner. Moi j’mérite mieux, c’est pas parce que j’ai pas le bac que je dois être que mécano ou plombier.
– Quelle branche déjà ? demande calmement son pote pour ne pas le vexer plus.

– Ah bon, je t’ai pas dit ? … Animation commerciale !

Personne ne la ramène. Juste Tonio retrouve Françoise au comptoir debout et sur le cul.
– Animation commerciale, toi ? lance Tonio.
– Ben ouais, répond sans se démonter le jeune chômeur. L’animation et le commerce ça me connaît !
– Vu comme ça,
sourit Fernand. Mais raconte-nous plutôt Proust si tu veux bien.
– Ben elle était sur son Mac,
reprend Khalid. Il marque une pause. L’ordi je parle, haha ! haha ! s’esclaffe-t-il en se tournant vers Tonio qui ne bronche pas pour une fois, affichant comme les autres de l’impatience.
– Ok, j’abrège, accélère le conteur. Elle bossait sur un fichier Excel et pestait sur une formule version 2010. Alors je l’ai aidée. Je sais pas comment, mais j’ai fini par trouver. On a discuté. Elle m’a expliqué ce qu’elle faisait. C’était cool et je me suis inscrit à un stage avec elle.
– Et Proust ?
insiste Fernand.
– Ah oui ! Un jour qu’on était chez elle, je lui sors une phrase, comme ça, et c’était la même, mot pour mot, j’vous jure, que celle du début de ce livre.

– Longtemps, je me suis couché de bonne heure, récite l’écrivain.

– Exactement, confirme Khalid. Et là illico elle me dit : Proust. C’est tout. Et au final, comme je ne connaissais pas, ben elle me l’a prêté. Voilà !
– Et alors,
l’interroge toujours Fernand, tu aimes ?
– Ben… franchement, c’est relou à lire !
– C’est à dire ?
aimerait bien savoir Françoise, quelque peu irritée.
– Sérieux, ses phrases elles font des kilomètres. Une seule et ça te fait la dictée de Pivot. Attends, attends !
Il ouvre le livre et prend une page plus ou moins au hasard.
– Là, tiens, ça s’invente pas !
Il lit d’une traite.

« Mais si l’on avait dit à ma grand’mère que ce Swann qui en tant que fils Swann était parfaitement qualifié pour être reçu par toute la belle bourgeoisie par les notaires ou les avoués les plus estimés de Paris privilège qu’il semblait laisser tomber un peu en quenouille avait comme en cachette une vie toute différente qu’en sortant de chez nous à Paris après nous avoir dit qu’il rentrait se coucher il rebroussait chemin à peine la rue tournée et se rendait dans tel salon que jamais l’oeil d’aucun agent ou associé d’agent ne contempla cela eût paru aussi extraordinaire à ma tante qu’aurait pu l’être pour une dame plus lettrée la pensée d’être personnellement liée avec Aristée dont elle aurait compris qu’il allait après avoir causé avec elle plonger au sein des royaumes de Thétis dans un empire soustrait aux yeux des mortels  et où Virgile nous le montre reçu à bras ouverts ou pour s’en tenir à une image qui avait plus de chance de lui venir à l’esprit car elle l’avait vue peinte sur nos assiettes à petits fours de Combray d’avoir eu à dîner Ali-Baba lequel quand il se saura seul pénètrera dans la caverne éblouissante de trésors insoupçonnés. »

– Mais ponctue ta lecture, bon sang ! s’insurge Françoise.

– Ouais, rétorque Khalid, si je ponctue trop, j’ai peur qu’elle cale dans la côte, ma lecture !

Rire général masculin. Tonio ajoute :
– J’aimerais pas me la faire à vélo. C’est raide !
Nouveau rire général masculin.
– Vous êtes irrécupérables, se désole la seule fille de la discussion. Vous ne savez pas ce que vous perdez à dénigrer son écriture.
– C’est vrai ou c’est pas vrai, ses phrases elles sont interminables ?
Fernand acquiesce, Françoise hausse les épaules. Khalid ajoute :

– Franchement, Madame Françoise, avec Proust, c’est la fête à la virgule !

– A mon avis, ironise Tonio, à l’époque on devait taxer les livres au nombre de phrases !
Et il se marre tout seul.
– Vous êtes dur quand même avec l’auteur, tempère Fernand. C’est vrai que ça peu paraître abrupt au premier abord mais explorer son univers c’est tout un voyage, parfois éprouvant mais qui selon moi en vaut la peine. Je t’assure, Khalid.
Françoise préfère partir. Elle se rend avec son chiffon au fond de la salle.  

Khalid en profite pour demander à son pote:
– Dis Fernand, tu voudrais pas plutôt me faire une fiche de lecture comme l’autre fois pour Zola.

– Je revois Nicole jeudi, et… ça m’embête d’avoir rien à dire, tu vois !

Vous voulez la suite ?… cela ne dépend que de nous  !

Le décor est planté ! La rubrique Brèves du Café nous attend pour animer ce petit monde selon notre imagination et notre culture sitcom, série télé ou scène de théâtre !

Buller autour des Invalides…

Mais qu’est-ce qu’il glande celui-là ?

Jules Hardouin-Mansart

L’autre jour je bullais autour de l’Hôtel des Invalides, je cherchais des canons. Oh, pas ceux à boire, non ! … Mais ceux bien en chair toujours prêts à envoyer bouler les types de mon genre dès qu’ils m’allument d’un peu trop près, vous voyez ce que je veux dire ?
L’autre jour je bullais dans l’espèce de petit jardin attenant au monument, côté place Vauban, il n’y avait pas arme qui vive, pas une bombe, quand je suis tombé sur cet espèce d’énergumène, aussi paumé que moi, genre bourgeois gentilhomme tout droit sorti d’une pièce de Molière ou encore débarqué d’un navire dans sa découverte d’une terre inconnue.
Qu’est-ce qu’il peut bien tramer dans sa tête, celui-là ?

Je suis sûr que vous avez une petite idée !

Remplissez cette bulle avec ce qui vous vient à l’esprit.

On parie que vous trouvez ?

La parodie en prose

Un mot s’est épris de son poète et il clame cet amour  sous la forme d’une parodie de la célèbre chanson d’Edith Piaf.

Quand il me prend dans ses bras
Qu’il me parle tout bas
Je vois la vie en prose

Au milieu des mots d’amours
Des mots de tous les jours
Ca me fait quelque chose
Je suis entré dans son cœur
Pour mon plus grand bonheur
Pour lui j’ai pris la pose
C’est lui pour moi, moi pour lui dans sa rime
Il m’a écrit, m’a posé  sur son hymne
Et, dès qu’on pose les yeux sur moi
Alors je sens en moi
Mon coeur qui bat.

Et vous, elle vous inspire quoi cette chanson ?

Un bateau épris de sa rivière, un nourrisson de son père, un carton de son déménageur, un ballon de son joueur…

Essayez-vous à cette parodie comme cela vous vient en commençant par exemple avec ces mots :

« Quand il me prend dans ses/son bras… je vois la vie en… »

(Extrait de l’original)
Quand il me prend dans ses bras
Qu’il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d’amour
Des mots de tous les jours
Ça me fait quelque chose
Il est entré dans mon coeur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C’est lui pour moi, moi pour lui dans la vie
Il me l’a dit, l’a juré pour la vie
Et, dès que je l’aperçois
Alors je sens en moi
Mon coeur qui bat

Laissez aller votre imagination… Amusez-vous !

Buller dans le Marais…

Mais que peuvent-elles bien combiner ces deux là ?

Place des Vosges

Ah, vivement les beaux jours !

Ces jours plus longs et plus chauds où les rayons de soleil nous mitraillent par une de ces après-midi buissonnières et crapuleuses, tuant le temps au passage sans vergogne et sans que l’on puisse y faire quelque chose tant l’astre nous tient en joue par son feu redoutable, allongés sur l’herbe les mains derrière la tête.
Ah, je m’y revois déjà, bullant au cœur du Marais, dévalant la rue Saint-Antoine et me faufilant par le jardin du Petit Hôtel Sully jusqu’à la place des Vosges où trône en son beau milieu le square dédié à Louis XIII.
Ah, je m’y revois déjà, assis, un livre à la main que très vite je laisse tomber sur ma cuisse, laissant alors mon ouïe lire la musique des fontaines et mon regard se poser sur ce tableau orné de façades en briques rouges et de toits d’ardoise et qui m’encadre, moi, mon ombre et celles des marronniers.

C’est juste… carrément royal !

Oh mais qui sont ces créatures qui m’épient au loin, sous les arcades ?

Surgissent-elles du passé, filles de fer forgé qui entouraient jadis ce lieu en vogue et de festivités au XVIIème, les princesses de Rohan ou de Guéménée, les duchesses de Duras ou de Boufflers ou quelques autres Précieuses, que sais-je ? … A moins que ce ne soit deux œuvres vosgiennes qui cherchent à se faire une place dans la capitale ?
Que peuvent-elles bien combiner ces deux là ?

Je suis sûr que vous avez une petite idée !

Remplissez ces bulles avec ce qui vous vient à l’esprit.

Et ne me dîtes pas qu’il n’y a pas de quoi faire !

Les brèves du Café…

Pauvre Zorg !

« Il est sorti quand de l’hôpital ?
– Z’matin !
– Et t’es pas allée le chercher ?
– Ben non, z’travaille moi ! Et puis il avait qu’à pas faire le con avec zon vélo ! Zon pote Zohn il a un quat’ quat’, z’est plus facile pour zes béquilles et za zambe. En plus il zait conduire lui !

– Comment c’est arrivé ? »

Alors que Zozotte commence à raconter à Françoise la mésaventure de Zorg tout en essuyant les verres derrière le comptoir voilà que débarque le Pierrot tout fringuant, sautillant même, se frottant les mains gelées à l’idée d’un petit remontant qui réchaufferait l’intérieur.

« Salut les filles !
– Salut Pierrot !
– Bonzour Pierrot ! … Z’te sers un demi ?

– T’aurais pas un p’tit vin chaud plutôt ? Ses yeux pétillaient et son corps frétillait à l’avance du réconfort à venir après avoir bravé le froid glacial de son chantier.

– On n’a plus de cannelle, intervient Françoise. On en refera demain sûrement. Tu veux un chocolat chaud, un thé, une tisane à la place, s’amuse-t-elle à le provoquer ?
– Pouah ! … j’suis pas encore malade. Quoiqu’un grog… oh, non, j’aime pas le rhum ! Mets-moi une poire, tiens, pour commencer !

– Il a du se faire mal, reprend Françoise s’adressant à Zozotte.

– Ben il z’est pété l’oz de la cuizze, comment qu’il z’appelle dézà ?
– Ah, me demande pas à moi, j’ai toujours été nulle en anatomie.
– Bon ben, comme le tibia là, mais zur la cuizze.
– Le fémur, les filles ! On l’appelle le fémur, les dépanne alors Pierrot. Qui s’est cassé la binette si c’est pas trop indiscret ?
– Haan !
– Zorg ! Il y a trois zours, en vélo, sur une plaque de verglas. Y a pas idée à faire du vélo par un temps pareil… Mais Zorg il n’en fait qu’à za tête !
– Ah, ça me rappelle l’hiver 66 au col du Soulor, se lance Pierrot. Avec Robert on se préparait pour le championnat inter régional des Hautes-Pyrénées, j’avais une forme du tonnerre…
– Ca va Higgins, tu vas pas nous tenir la jambe avec tes souvenirs de guerre, l’arrête tout de suite Françoise.

– Tiens voilà de quoi t’aider à remonter le col du Soulor… On a du boulot avec Zozotte ! »

Elle lui pose sa poire sur le comptoir et entraîne sa collègue dans la salle. Pierrot hausse les épaules, bougonne brièvement avant de porter sa potion chauffante à la bouche.

« Il en a pour combien de temps à être immobiliséreprend Françoise ?
– Au moins deux mois. Après ils disent qu’il y a la rééducazion. Il est pas prêt de remonter zur zon enzin. Il peut faire une croix zur zon tour du Danemark !
– Le tour du Danemark ?
– Oui, z’est zon idée depuis trois mois. Il z’entraîne tous les zours pour partir un mois zet été avec Zohn et faire le tour de zon pays.
– Ah bon ? tu ne m’avais jamais dit !
– Tu parles. Za me rend dingue ! … Il parle que vélo depuis qu’il a eu zon diplôme d’inzénieur.

Au lieu de bozzer il veut déza prendre une année zympathique pour faire le tour du monde.

– Sabbatique, Zozotte !
– Z’est pareil, z’est la vie cool pendant que les z’autres bozzent ! Mais là, il va rezter à la maizon zans bouzer, za va lui faire les pieds !
– T’es dure avec lui dis-donc !
– Et lui alors ? Tu vas pas prendre za défenze tout de même ? Le zoir il parle que des zouzis de vélo. La nuit il dort pour être en forme le matin. Il z’lève à ziz heure pour faire zent kilomètres. Z’est pas une vie za pour moi. Z’avait pas tilté sur Meetic dans la rubrique des activités.

Faut faire vassement gaffe quand z’est écrit « pazzionné de zyclisme ».

Françoise sourit.
– Tu rigoles, poursuit Zozotte, mais moi z’ai plus de vie de femme. La dernière fois, z’était pour mon anniverzaire. Tu te zouviens de mes boucles d’oreilles ?
– Oui, elles t’allaient super bien.

– Et t’as pas tilté toi non plus. Mais z’est des roues de vélo ! 

Là, Françoise éclate de rire.
– Arrête, z’est pas drôle.
– Pardon, mais là j’ai eu une vision !
– Hein ?
– Non rien. Des roues de vélo ! … Elle rit à nouveau. Et… ha ha ! … il a un bon coup de pédale quand il monte sur toi ?
– Mais t’es bête ! s’offusque presque Zozotte.

Françoise rit de bon cœur, ce qui étonne toute l’assistance tellement c’est rare, et Tonio le premier, lui qui vient de rentrer dans le café les bras chargés de cartons de vins.

– Et ben, lâche-t-il depuis l’entrée, Françoise est de bonne humeur, ça nous promet une bonne journée ! 

– Haaaan ! »

Vous voulez la suite ? … cela ne dépend que de nous  !

Le décor est planté ! La rubrique Brèves du Café nous attend pour animer ce petit monde selon notre imagination et notre culture sitcom, série télé ou scène de théâtre !

La parodie d’une chanson

Parodier une chanson, c’est un jeu d’enfant !

En savoir + sur la parodie… ici >> !

Qui ne s’y est pas essayé pour un anniversaire, un pot de départ, jubilant du message détourné de la chanson originale ?

Même Patrick Sébastien y est allé de son célèbre « Je l’aime à courir » parodiant Cabrel et son amour jusqu’à la mort.

Oui mais respecter le rythme et la sonorité de la chanson originale pour un effet garanti  n’est pas toujours un exercice facile. Ecoutez !

[l’originale] Moi je n’étais rien et voilà qu’aujourd’hui
Je suis le gardien du sommeil de ses nuits,
Je l’aime à mourir
[P. Sébastien] Moi je l’aimais bien et voilà qu’aujourd’hui
Elle est tellement bidon quand elle est là je fuis
Je l’aime à courir
(en soulignés, les mots qui changent)

Entendez comme la sonorité de la seconde phrase est moins fluide, on n’a plus les accents sur le son ‘s’ qui donne un souffle, une respiration au texte, non ?

C’est pourquoi plus on colle au texte d’origine, à sa trame, plus c’est facile !

Je vous rassure tout de suite. Il est très difficile de coller à ce point à un texte original, t’es excusé Patrick, surtout quand on veut lui donner un autre sens et que le but ici est d’abord de faire rire.

Mais on peut toujours essayer !

Par exemple, si on voulait parler de l’euthanasie (désolé, ce n’est pas gai !), on pourrait coller encore plus à l’original :

Moi je n’étais rien et voilà qu’aujourd’hui
Je suis le gardien du sommeil de sa vie
Je l’aide à mourir

Là, je ne change pratiquement rien, je conserve la forme poétique originale.

Mais amusons-nous plutôt comme Patrick avec une autre idée, plus drôle, du genre :

  • « Je l’aide à sourire » en parlant de la caissière du supermarché
  • ou « Je l’aide à vieillir, grandir, dormir, courir… »

Parodiez le début (comme moi) ou un couplet ou toute la chanson si vous êtes carrément inspiré… sans vous prendre la tête sur la forme ! … là, on joue !

Moi je n’étais rien et voilà qu’aujourd’hui
Je suis le gardien du sommeil de ses nuits,
Je l’aime à mourir
Vous pouvez détruire tout ce qui vous plaira
Elle n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras
Pour tout reconstruire pour tout reconstruire,
Je l’aime à mourir
Elle a gommé les chiffres des horloges du quartier
Elle a fait de ma vie des cocottes en papier
Des éclats de rire
Elle a bâti des ponts entre nous et le ciel
Et nous les traversons à chaque fois qu’elle
Ne veut pas dormir ne veut pas dormir
Je l’aime à mourir
Elle a dû faire toutes les guerres
Pour être si forte aujourd’hui
Elle a dû faire toutes les guerres
De la vie, et l’amour aussi
Elle vit de son mieux son rêve d’opaline
Elle danse au milieu des forêts qu’elle dessine
Je l’aime à mourir
Elle porte des rubans  qu’elle laisse s’envoler

Elle me chante souvent que j’ai tort d’essayer
De les retenir de les retenir
Je l’aime à mourir
Pour monter dans sa grotte cachée sous les toits
Je dois clouer des notes à mes sabots de bois
Je l’aime à mourir
Je dois juste m’asseoir je ne dois pas parler
Je ne dois rien vouloir je dois juste essayer
De lui appartenir de lui appartenir
Je l’aime à mourir

Laissez aller votre imagination… Amusez-vous !

En savoir + sur la parodie… ici >> !

Buller au Grand Palais…

Quelle impression on vous fait, là haut ?

Hopper au Grand Palais...L’autre jour, je bullais au Grand Palais, plus précisément à son pied, dans la file d’attente qui nous menait, ma sœur et moi, à l’exposition très courue de Hopper. « Joyeux Noël frangin ! Merci Sister ! »
Mais rien ne servait de courir pour qui n’arrivait billet en poing, merveilleux sésame que nous détenions en menottes et qui allait nous libérer de l’insoutenable attente promise dans l’interminable file d’à côté où on pouvait lire sur un écriteau l’inscription flippante :

« A partir de ce point, il y a 4h d’attente ».

Certes, notre file avançait un peu plus vite que sa voisine, clouée dans son lit d’inhospitalité avec de l’espoir en perfusion, cependant il nous faudra près de trente minutes pour passer le pas de la grande porte d’entrée.
Trente minutes durant lesquelles tous les regards étaient rivés au perron, immobiles, silencieux, attendant qu’il se passe quelque chose, un signe, un mouvement, une bonne nouvelle. Le tableau était frappant. Des lignes droites de files, des lignes perpendiculaires d’une pluie fine, un sac bleu turquoise, un parapluie vert bouteille, un rond rouge au pied d’un clarinettiste qui agrémentait l’attente d’une agréable musique.

Comme la sensation étrange de faire partie… de l’expo.

Quand deux regards curieux ou avisés nous scrutaient d’en haut, allant chacun de son commentaire sur l’étrange tableau que nous leur présentions.
Mais quelle impression on peut bien vous faire ?

Je suis sûr que vous avez une petite idée !

Remplissez ces bulles avec ce qui vous vient à l’esprit.

Rassurez-vous, vous avez tout votre temps !

Tire une carte !

Billets Euro

Je vais te faire un tour de magie, vas-y tire une carte !
Remets-la dans le paquet !
Hé !!! … Hééé !!! … Reviens !!!

Alors… dans la famille 500, je demande la petite sœur !
Poche !

Qui a réglé son compte au Docteur Lenoir ?
Moi je dis que c’est le Colonel Moutarde à coup de deux cents dans son cabinet.

Tiens ma chérie, je t’offre ce joli bouquet d’Euros en fleur !
Vite, mets-le dans une poche avant qu’il ne se fane aux Galeries Lafayette !

Et vous, il vous inspire quoi ce bouquet d’argent, cette main à l’atout trèfle ?

L’argent ce n’est pas sale, regardez comme ils sont beaux et clinquants ces billets !
L’argent ne fait pas le bonheur, voyez comme on dénigre les malheureux qui en ont.
Mais l’argent peut-il être drôle, poétique, créatif… ?

Et si comme moi vous leur donniez une autre destinée à ces feuilles imprimées ?

Allez-y… Tirez une carte dans le paquet de votre imagination !

Faites-vous plaisir, c’est bientôt Noël !

Les brèves du Café…

Table 7

Fernand n’a pas touché à son assiette.

« Z’est pas bon ?  s’étonne Zozotte qui a trouvé plutôt réussi ce pot au feu du chef.
Pardon Zozotte, s’excuse Fernand, je n’ai pas faim, je n’aurais pas du le commander.
– Z’est pas grave,
le rassure-t-elle en ramassant l’assiette et les couverts.
– Tu ne vas pas le jeter ? Sinon tu me le mets dans un Tupperware. Je l’emporterai chez moi. Je n’aime pas gaspiller.
– Z’est comme tu veux. Qu’ezz qui y a, za va pas ?
– Si, si ! …  … En fait non, je n’arrive à rien depuis trois jours. Pas une once d’inspiration.

– Z’est la panne quoi ! Z’est pas grave, za arrive tu zais, za va revenir ! »

– Ha, hahaha ! … T’entends ça, Tonio, l’inspiration de l’écrivain, elle bande plus… hahaha ! … hahaha ! »

Claude qui n’en manque pas une, un coude sur le comptoir et l’autre en levier pour déverser son calva dans le gosier déjà bien ardent, saute sur l’occasion.

« Ah za z’est fin ! »

Alors qu’elle file en cuisine avec le plat du jour à peine entamé, Tonio, à quelques mètres, derrière son comptoir y met son grain de sel. Il interpelle son client de la table 7 :

« T’as essayé de changer de place ?  lance-t-il d’une voix très audible.

– Pardon ?

Le patron s’approche de Fernand surpris.

– Ben ouais, la table 7, t’en as peut-être fait le tour.
– Je ne comprends pas, Tonio. Tu sais bien que j’affectionne cette place depuis toujours.
– Ouais je sais. Comme je sais que t’aimes la poêlée d’encornets et ici on ne t’en fait pas tous les jours, je me trompe ?
– Euh, non, mais…

Fernand ne voit pas où Tonio veut en venir avec son analogie. Quel est le rapport ? Tonio passe derrière lui, face au comptoir.

« Si tu te places à la une, à l’intérieur, qu’est-ce tu vois ?
– Je ne sais pas. C’est quelle table la une ?

– Moi, je vais te le dire.

– Tu vois le bar dans toute sa longueur, tu vois le profil des clients, côté gauche, peut-être le meilleur, peut-être le pire. De la table 4 tu devines le droit. Mais de la une tu peux voir le déhanché de Marie-Elisabeth quand elle passe avec les plats chauds, tu vois sa petite moue contrariée quand elle revient avec les assiettes vides. Et avec un peu de chance, tu peux la voir en direct se taper le lustre que je me refuse à retirer, salaud de patron que je suis, au lieu de te retourner, toujours après l’accident, alerté par le rire général.
– Heiiiin, z’est malin !
l’interrompt Zozotte en haussant les épaules, revenant sur la terrasse.

– Dis donc, t’es inspiré toi aujourd’hui, s’étonne Fernand qui retrouve soudain le sourire.

– Mais je le suis chaque jour, reprend Tonio comme un comédien son texte, avec aplomb et sa fierté d’auvergnat, derrière le comptoir, devant, à la terrasse ou même à la cave. Parce qu’un café c’est une scène de théâtre où on joue des pièces en continue dans tous ses recoins.
– Haha !
s’esclaffe le Claude. Et ici on est aux premières loges !
– Tiens par exemple, à la table 5, t’es face au tableau noir où Françoise s’amuse à noter ses citations, des phrases des clients, triées sur le volet, SES phrases, attention ! … c’est le tableau de madame et pas question d’y inscrire mes jeux de mots à deux balles et encore moins tes répliques salaces, Claude.

– Argh ! On est des incompris, lâche par dépit ce dernier.

– Alors le mec de la 5, chaque fois qu’il lève la tête, il lit ces phrases, entre chaque bouchée ou chaque gorgée, il les connaît par cœur, à force, elles lui rentrent dans la tête et ressortent avec d’autres mots qu’il ne soupçonnait même pas exister dans son imagination et qu’il ne prend même pas la peine de relever, trop fainéant pour demander une page blanche et un stylo. Il se fait son film sans rien dire, en avalant, une bouchée, une gorgée, puis une autre, en silence. Parfois, s’il est désinhibé, il m’appelle et me fait l’honneur de sa trouvaille. Parfois seulement. Parce qu’il est pudique souvent, le client de la 5. Et je ne te parle même pas de la 13, pile en face des toilettes. Faut les voir y entrer et en sortir soulagés de leurs petites contrariétés. Ils ne payent pas de mines, pour tes portraits justement ! »

Personne ne semblait pouvoir arrêter Tonio dans sa fougue verbale. Fernand était impressionné de le voir aussi volubile. C’était bien la première fois.

« Et ben mon vieux, je crois que la leçon a fait son effet.

Demain, je change de table ! »

Zozotte ne semble pas du même avis.

« Z’est n’importe quoi, Fernand. Tu vas pas croire zes zottizes ?
– Tu sais quoi, Zozotte ? Je crois que j’ai faim.
– Zans déc ? …

– Je veux bien que tu me réchauffes ce pot au feu. » 

Vous voulez la suite ? … cela ne dépend que de nous  !

Le décor est planté ! La rubrique Brèves du Café nous attend pour animer ce petit monde selon notre imagination et notre culture sitcom, série télé ou scène de théâtre !

Buller dans Paris…

Mais de qui se moque-t-on, là haut ?

Palais de la découverte
L’autre jour je bullais dans Paris, dans un jardin sauvage, pas piqué du vert, en plein coeur du quartier mondain et luxueux des grands palais de la capitale. J’étais assis sur un banc, seul, face à une mare dans ce lieu magique et paisible, enfoui sous une place au pied du majestueux Palais de la Découverte.
Je lisais discrètement un chapitre de l’inavouable (aux yeux de mes collègues et ceux de mes fidèles compagnons de métro) « 50 nuances de Grey », quand Anastasia s’apprêtait à recevoir une fessée. Je retenais ma respiration autant que ma pudeur, inutile dans ce lieu quasi désert, quand j’entendis des gloussements au dessus de moi. Je levais la tête.
Deux enfants jouaient, l’un pointant son doigt vers le bas. Non loin, deux femmes échangeaient en ricanant sans que je pus  distinguer un seul de leurs mots. L’une semblait scruter également le square.
Mais de qui se moque-t-on, là-haut ?

Je suis sûr que vous avez une petite idée !

Remplissez ces bulles avec ce qui vous vient à l’esprit.

J’avais comme le sentiment d’être pris de haut,
mais peut-être n’étais-je pas le seul !

Palais de la découverte - squareJardin Anne-Sauvage, place du Canada

Ancien Jardin de la Vallée Suisse, vestige du pavillon suisse de l’exposition universelle de 1900.