Les bras m’en tombent !

Episode 14, saison 1                                                   Episode précédent >>

Mathilde, mariée, 29 ans, dévouée à son mari, nostalgique de ce jour merveilleux de septembre 2002, déjà 10 ans !
Sandrine, célibataire, meilleure amie de Mathilde, 33 ans, l’âge du Christ, rien à foutre, pas croyante, le mariage très peu pour elle, aime faire la fête, danser, boire un p’tit coup… ou deux.
Catherine, célibataire, collègue de Mathilde, 38 ans, à fond sur Meetic, veut fonder une famille, elle approche de l’âge critique, rêve d’un mariage en grand avec une robe blanche…
Laetitia, divorcée, patronne de Mathilde, 2 enfants, la quarantaine, terminé les mecs qui ne s’assument pas, veut profiter des bonnes choses, voyager et rencontrer du monde, se lancer dans un nouveau projet…
Joëlle, mère de Mathilde, 57 ans, veuve depuis 5 ans, habitée par le deuil, les hommes, le mariage, c’est derrière elle…

Reprendre depuis le début, cliquez ici >>

S : Non, c’est pas vrai !
C : Qu’est-ce qu’il se passe ?

Mathilde s’est enfui. Sandrine et Catherine ont rejoint les autres filles à leur hôtel comme convenu, à 8 heures. Joëlle et Laetitia n’ont pas dormi, à la recherche toute la nuit de Mathilde partie sans son sac et sans son téléphone.

C : Haaan ! … sans son iPhone ! … Mais elle est vraiment perdue !

J (exténuée, les yeux rougis) : C’est de ma faute ! … Je suis une mauvaise mère !
S (la serrant dans ses bras) : Mais non, Joëlle… Elle va revenir. Elle avait besoin de prendre un peu l’air, c’est tout. (se rassurant elle-même) Elle va revenir ! (c’était obligé)
J (se relevant) : Non, je la connais. Elle est comme son père. Dure ! … Elle ne me pardonne rien. Ah, si seulement…

Laetitia reste assise sur un coin du grand lit, à bout de nerfs, des cernes comme des valises, prêtes à partir… en larmes. Elle se ronge les ongles :

L : T’aurais pas une clope, Sandrine, j’ai écoulé mes deux paquets cette nuit.
S (consolant toujours la mère-coupable) : Prends dans mon sac, il doit m’en rester, je crois.
L (s’exécutant) : Merci ! … (se tournant vers Joëlle, expulsant une première bouffée libératrice) … Si seulement quoi ?

J (embarrassée) : Oh, rien Laetitia, j’en peux plus… de tout ça…

L (agacée pour de bon) : De tout ça quoi, bordel ? … (elle provoque sa compagne) … d’être enfin toi, de vivre pour toi ? … Il ne suffisait pas de ton mari, c’est au tour de ta fille de jouer le rôle du bourreau, hein ? … Tu dois aimer ça, c’est pas possible ! Mais réveille-toi, bon sang, Joëlle (sa voix déraille et quelques larmes s’échappent malgré elle) … merde, quoi ! … On a tout fait pour elle. On est là, presque comme des fugitives d’un crime qu’on n’a pas commis. Et…. (elle retient un sanglot) … t’as vu comme elle nous est reconnaissante !

J (ne regardant que Sandrine) : J’aurais pu être une autre mère pour elle. Elle ne méritait pas ça.

L (du tac au tac) : Elle mérite une mère heureuse, si seulement cette mère a le courage de prendre sa vie en mains, au lieu de continuer à lui donner cette image de mère victime qui ne dit jamais rien. Aujourd’hui, tu peux l’être, heureuse ! … Seulement tu t’écrases encore. Elle a bientôt trente ans ta môme ! … Et crois-moi, elle a besoin d’être secouée !
J (s’emportant) : Secouée ? … mais t’as vu comment tu l’as brutalisée ? … Même son père ne l’a jamais touchée ainsi… ni frappée… tu me déçois, Laetitia… Je ne pensais pas que tu lèverais la main sur elle. C’est à moi que tu fais du mal… (laissant parler sa rancoeur) Tu te prends pour je ne sais quoi. Si tu as des pulsions de virilité à démontrer, je te prierais de ne pas utiliser ma fille pour les assouvir.
C (choquée, se tournant vers Sandrine) : Elle l’a frappée ? … Haan ! … Jésus Marie Joseph !
L (les yeux mouillés) :  Tu penses vraiment ce que tu dis ?  … Après tout ce que j’ai fait pour toi, pour elle…

Sandrine intervient. Elle lâche la mère-victime pour aller sauver l’amante-bourreau.

S : Stop, stop ! … ça suffit ! … (redirigeant dans son coin de lit Laetitia qui s’était levée avec véhémence) Ecoutez, chacune va aller se reposer une heure ou deux. Toi dans le grand lit et Joëlle dans le petit, là. OK ?

Elles acquiescent sans se regarder. Sandrine reprend les choses en mains.

S : Il s’agit de retrouver Mathilde. Avec Cathy on va faire le tour de la ville pendant que vous vous calmez et réconciliez. Elle ne doit pas être bien loin. On revient avant midi et on voit ce que l’on fait.

Sandrine commence à retirer le costume de Paul.

S : Ben, Cathy… va te changer, tu ne vas pas sortir avec cette robe !
C (hésitante) : Oui, mais j’ai pas d’affaires propres.
S : Mais moi non plus ! … t’as jamais été scout, toi ?
C : Euh, non ! … Toi, si ?
S : Une autre fois, dépêche-toi !

Voilà les deux amants de la veille à la recherche de Mathilde dans les rues aux abords de l’hôtel.

C : Tu savais toi pour Joëlle et Laetitia ?
S : Non.
C (un peu gênée) : Pourtant entre vous, vous…
S : Entre vous ? … tu veux dire quoi par là.
C : Ben… tu sais bien. Moi, je t’assure ça ne me gêne pas plus que ça. Enfin… Disons que faire des trucs avec une autre femme. Toi tu l’as déjà fait, non ?
S : Non mais je rêve, tu crois vraiment que je suis gousse ?

C : Parce que tu l’es pas… gousse ? … Seigneur, Jésus Marie Joseph !

S : Je peux te demander un truc à mon tour ? (Cathy accepte) … Tu la sors d’où cette expression « Seigneur Jésus… » ? … de ta grand mère ?
C : Hein ? … pfff, n’importe quoi ! … ça vient comme ça ! … (passant du coq à l’âne) Mais t’as entendu, Laetitia a frappé Mathilde !
S (minimisant) : Frapper, frapper… ça reste à voir… Et après ?
C : Je l’ai déjà vue pousser des gueulantes au bureau mais je ne la croyais pas capable de violence.
S : Mathilde y va un peu fort depuis deux jours…
C (n’écoutant plus) : Ce serait donc vrai qu’elle frapperait ses enfants, tu crois ? J’ai entendu dire…
S : Stop, Cathy ! … j’ai l’impression d’écouter des ragots à la sortie de la messe. On va essayer de trouver Mathilde, si tu veux bien…
C (avec la moue d’un enfant qui promet) : oui !

S : Et je peux te dire que si je la trouve, il se pourrait bien que je lui en colle une à mon tour ! 

C : Oh ! … Jés… euh…
S : Quoi ?
C : Les bras m’en tombent !

La saga « Mathilde se remarie ! » continue… cliquez ici pour la suite>> !

Publicités
Cet article, publié dans Ecrire, Mathilde se remarie !, Prétexte, est tagué , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Les bras m’en tombent !

  1. Zezette dit :

    Jaime

    J'aime

Ce que ça vous inspire...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s