Bonne journée !

En cette période de crise, de récession, annoncée pour 2013, notre président nous l’a encore rappelé lors de ses vœux, il va falloir se serrer la ceinture, on ne peut plus se permettre de souhaiter toute une bonne année.

« Bon semestre ! », à la rigueur pour les classes moyennes.

« Bon trimestre ! », se contenteront les moins fortunés.

« J’espère que vous passerez l’hiver ! »,  se risqueront des ménages surendettés.

« Bon mois ! », s’étranglera sans doute le smicard.

« Bonne semaine ! », se désoleront encore les CDD.

« Bonne journée ! » …

I_got_the_blues

sourira malgré tout ce SDF, dans le couloir de la station Opéra, jouant un blues sur sa guitare et que j’accompagnerai… promis ! à l’harmonica.

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« Hé Rémi ! … Joue-nous un GimSmick … ça a l’air de rien, mais ça fait du bien ! »

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Tandis qu’en bons damnés, derrière leurs frontières, fiscalement chauffés, les riches, eux, se tairont.

Et vous voulez que je vous dise ? … A la bonne heure !

Bonne journée à tous ! 
qu’elle vous apporte l’envie,
la force de la suivre et
le coeur pour la sublimer !

Noël m’a tuer…

Elle est passée où la magie de Noël ?

Noël grands boulevards

Je ne vois qu’une machine, en route depuis un mois, qui avale tout sur son passage, engloutissant les idées, les cadeaux avec leurs rubans et papiers d’emballage, ne laissant aucun répit à l’envie, au plaisir, celui d’avoir, celui d’offrir, balbutiés dans des commandes, des listes, jamais assez longues pour satisfaire des enfants insatiables et des adultes plus au garde à vous qu’au prend garde à eux, dépassés, en manque d’idées.

Parce que le problème, au fond, ce n’est pas tant qu’il y a trop de cadeaux, c’est surtout qu’il y a trop de sapins !

Un chez maman, un chez papa, un chez mamie, un chez mamou. Et sous chaque sapin, deux, trois, quatre cadeaux par enfant car ce serait oublier tatie Line et tonton Paul ou encore tata Jeanne et tonton Richard.

Il est loin le temps où il n’y avait qu’un seul sapin, qu’un seul cadeau.

C’était le temps où on prenait le temps d’avoir envie, de sentir, de décorer. L’avant Noël était déjà une fête, un premier cadeau que l’on partageait dans la joie, l’excitation, l’espoir, d’avoir peut-être, ce cadeau-ci, ce cadeau-là. C’était le temps où le matin de Noël, en pyjama, on s’extasiait d’avance, scrutant chaque paquet, cherchant le sien… le mien, mon cadeau, se réjouissant de sa couleur, sa forme, il a l’air lourd comme un camion, il est gros comme un nounours, il est plat comme le tableau de la maîtresse, il fait du bruit comme des pièces de Légo. On ne l’a pas encore ouvert que déjà on s’émerveille, on s’invente d’autres cadeaux. Les rubans feront une attache pour les cheveux de ma Barbie, celle que j’ai eue l’année dernière. Je veux le même papier dans ma chambre avec les voitures. Pourvu que ce soit le jouet que j’ai découpé dans le catalogue, j’espère, j’espère… le cœur bat. J’ouvre. J’y crois. Ouiiiiiiii ! Je suis le plus heureux, la plus heureuse du monde ! Père Noël ou mère veillant sur moi, merci, ô merci !

Me voilà tonton Tonio, sur la ligne de départ de cette course folle, cette chasse aux trésors qui se déroule le long de grands boulevards éclairant des vitrines aux figurines chargées de l’animation. Je suis là, au milieu d’un million d’illuminés qui prennent d’assaut l’entrée des galeries creusées par un certain Lafayette au printemps, je lis.

Qu’est-ce qui pourrait bien leur faire encore plaisir à ces sales gosses ?

Parce qu’ils ont déjà tout ! … Et l’autre, là, qui m’a doublé sur mon idée, sans compter les papis et les mamies qui se sentent obligé d’en faire deux, c’est plus fort qu’eux, c’est dans leurs gènes, que voulez-vous ? Quand moi je reste las, avec une gêne grandissante tant je ne pense qu’à une chose… déguerpir.

Ca sent le sapin.

La magie de Noël n’agit plus, j’ai plus envie de jouer, plus envie de courir pour un cadeau de plus, un cadeau de moins, la belle affaire… T’as eu quoi à Noël ? … Voilà une question bien embarrassante pour ce malheureux plus gâté que sa jeune mémoire ne peut contenir.

Je dépose les armes, mon Général, j’abdique, je me rends… atterré par cette déferlante humaine à la caisse, des gens marteaux, par milliers, alignés comme dans The wall des Floyd, me tapant dessus pour que j’avance, me plantant là entre ces quatre murs sur les planches de ce grand magasin. Je me couche, je suis mort.

La machine de Noël a tué l’enfant que j’étais.

Comme ça, sans raison…

Comme ça, sans raison… une impulsion.

Je vous demande si ça vous arrive parfois d’avoir envie de tuer quelqu’un ?

Est-ce que vous allez finir par me foutre la paix ?
Je meurs, barrez-vous !
Quel effet ça fait ?
Un peu comme un… lavabo qui s’vide !

Alors bon voyage !

Déconner, toujours déconner, y’en a marre de déconner.
T’as qu’à proposer autre chose, toi !
Donne-moi du blé… j’aurais des idées.

On n’est pas bien, là ? Hein ? Tu les sens les coussins d’huile, sous ton cul ?

Ca sent la fraude fiscale.
A quoi tu sens ça ?
A l’épaisseur de la moquette !

Tu l’trouves pas un peu bizarre toi c’mec ?
A quel point de vue ?
T’as pas l’impression qu’il aurait derrière la tête comme l’idée de m’enculer ?

La vie est une prison.
La plus terrible de toutes parce que pour s’en évader il faut passer l’arme à gauche.

T’es tout seul avec ta honte. Et moi ta honte je la transforme en bonheur…

Après ça, on dira que la vie est belle !

Comme ça, sans raison… une impulsion.
Je vous demande si ça vous arrive parfois d’avoir envie de descendre quelqu’un ?
Est-ce que vous allez finir par nous foutre la paix ? … On meurt, barrez-vous !
Quel effet ça fait ?

Un peu comme un… salaud qui s’tire !

Alors bon voyage, monsieur Depardieu !

Des valseuses à Tenue de soirée en passant par Buffet froid, quelques répliques le raccompagnent, en garde du cœur, à la frontière du supportable, une manière à moi de ne garder que le meilleur de l’acteur, sans en ajouter en diatribes.

Quelques répliques cultes parmi d’autres qui, elles, restent bien sûr parmi nous parce qu’elles font partie de notre patrimoine.

Ibra’cadabrantesque !

Le feuilleton tragi-comique de l’élection du président de l’UMP n’en finit pas d’alimenter la toile et de déchaîner les canards comme les émissions télé, chacun y allant de son analogie, tant le monde politique regorge de déchirements en tout genre pour accéder au pouvoir.

Le congrès de Reims qui a opposé Aubry et Royal en 2008 suscite l’analogie la plus évidente s’agissant de la quasi même élection, mais à gauche. D’autres sont allés chercher l’élection présidentielle américaine de 2000 qui opposait Al Gore à Busch et dont le dépouillement de Floride a duré également plusieurs jours. Il y en a même qui nous ont ramenés en 2010, en Côte-d’Ivoire où Gbagbo et Ouattara ne démordaient pas l’un et l’autre de leurs victoires retardant le dénouement après une guerre civile.

Bref, chacun détenait son analogie quand moi je cherchais en vain la mienne.

Et c’est en regardant le résumé du match du PSG le week-end dernier face à Rennes qu’elle a poussé comme une fleur dans mon esprit, empoté jusque là !

« Pas d’Ibra, pas d’chocolat », s’amusait-on a lire sur le net, tant l’équipe parisienne se retrouve handicapée moteur sans son meneur.

Mais oui, tout se tenait là !

Qui ne connaît pas Zlatan Ibrahimovic, une figure charismatique dans le monde du football, une attraction à lui tout seul au Paris Saint-Germain, autant pour les fans, les curieux ou les amateurs de ballon rond que les joueurs sur le terrain qui aspire implicitement à lui coller dans les pieds ce même ballon ?

1m95, 95kg, visez la bête, mesdames ! … un colosse suédois aux jambes affutées, au regard animal qui surgit et exécute des gestes incroyables, empruntés aux arts martiaux, qui tranchent dans le vif un pauvre ballon qui n’a plus qu’à filer droit en sifflant sa douleur… une douleur communicative qui arrive très vite aux oreilles du gardien adverse, condamné le plus souvent à ramasser l’objet dans ses propres filets, communiant ensemble la même détresse.

Qui n’a pas vu et revu, même contre son gré, bien sûr que si, mesdames ! … ce but abracadabrantesque en ciseau retourné, de plus de vingt mètres contre l’Angleterre, pour le compte de la Suède ?

Mais Ibra n’est pas connu que pour ses exploits sportifs mais aussi et surtout pour sa personnalité à l’égo surdimensionné.

Et c’est là que je tenais mon analogie. L’UMP comme le PSG, sans son mentor, son meneur de jeu hyper-égocentrique, est incapable d’insuffler élan, cohésion et ligne stratégique à son équipe, chacun resurgissant un égo démesuré trop longtemps enfoui, masqué par l’aura indiscutable du grand et unique chef.

L’adversaire n’en demandait pas temps.

L’équipe de Rennes, réduite à 9 pendant quarante minutes, a déclassé le PSG dans son parc des nouveaux princes du Qatar. Tout comme le parti socialiste, l’équipe aux rênes de la France, empêtrée dans l’impopularité et les couacs en tout genre, ressort gagnante de ce match ubuesque au sein de l’UMP.

Mercredi, Ibra est revenu, auteur d’une passe décisive, pour une victoire limpide à Kiev, qualifiant le PSG pour ses deuxièmes huitièmes de finale de son histoire dans la prestigieuse européenne Ligue des Champions.

Alors à quand le retour de Sarko pour retrouver le chemin du but… son but, qu’il fomente en coulisses, dans une réalisation hollywoodienne, un retourné de situation en pleine lucarne… de 2017 ?

Ce serait juste… Ibra’cadabrantesque, non ?

Tous rêves berbères allumés !

Fellag et ses petits chocs des civilisations.

J’étais au théâtre du Rond-Point pour l’avant dernière de son spectacle.

Quels chocs et quel plaisir !

Oh ! pas un électrochoc, non… mais plutôt une succession de petits chocs acoustiques, doux et drôles, qui bousculent, qui accrochent, qui éraflent les clichés, les tabous de nos civilisations franco-maghrébines si liées malgré nos différences… dans le tourbillon de l’histoire…

On s’est connus, on s’est reconnus, on s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vue, on s’est retrouvés, on s’est réchauffés puis on s’est séparés.

Vous connaissez l’air, et même l’histoire, avec les maux qu’elle a engendrés entre nos peuples. Fellag, lui, délie les langues… tantôt française, tantôt arabe, avec ses mots à lui qui nous parlent de cet amour vache mais aussi de cet amour lâche qui nous appelle et dont il nous rappelle avec tendresse et ironie les ingrédients, en petites secousses, ces petits chocs… qu’il amortit toujours avec ce grand chic pour nous faire rire.

Quand on le voit entrer dans sa cuisine, les légumes sur la table, la s’couscoussière sur le feu, on n’est loin d’imaginer que son spectacle est une vraie petite bombe. Quoi que… en cette période sensible où le péril terroriste est permanent, certains aux premiers rangs pouvaient ne pas se sentir rassurés.

Et Fellag ne s’est pas gêné pour en abuser.

Car quand il entre dans sa cuisine, c’est bien pour se mettre à table après avoir cuisiné en grand chef nos petits défauts qu’il étale avec humour. Ecoutez plutôt !

(le sourire jusqu’aux oreilles) : Une étude internationale vous a décerné le titre de pire touriste du globe terrestre.
(semblant sérieux) : Le monde entier vous reproche d’être râleur radin arrogant impoli…
(puis moqueur) : ben alors qu’est-ce qui se passe ?
[…]
Heureusement que nous sommes là, hein ? …
Il ne vous reste plus que NOUS… on vous trouve bien, NOUS… on croit en vous, NOUS …
(les bouts des doigts de chaque main rassemblés, soudés, pointant vers le ciel) … Nous aussi on veut être français, avec le béret, la baguette et un passeport français pour aller partout dans le monde. Comme ça nous aussi on pourra être arrogant, impoli… (et de finir avec un) … Allez, casse-toi pauv’con ! (pan !)

Ah! … Il faut le voir pédaler comme un dératé sur le vélo du tour des mets favoris des français. Et pour cause le couscous est en tête. « Comme vous nous aimez, quelle plus belle déclaration d’amour ».

Et de finir par nous faire crier dans la salle « On vous aiiime ! »

Parce que les ingrédients de cet amour, ce couscous qu’il nous concocte, ses légumes sur la table et nous tous ensemble plongés dans sa marmite, dans ce théâtre, assis les uns à côtés des autres, riant aux éclats tel des poivrons qui crépitent au fond de leurs cœurs, des carottes, des navets et des courgettes qui bouillent de plaisir,  français, maghrébin, les deux peut-être, peu importe, tout nous parle, nous transporte à travers le fumet irrésistible d’un style, le bouquet parfumé d’une écriture.

Belle métaphore l’artiste !

Mais alors… quand on s’est connus, quand on s’est reconnus, pourquoi s’perdre de vue, se reperdre de vue, quand on s’est retrouvé, quand on s’est réchauffés, pourquoi se séparer ?

Tel semble être la petite flamme que ce fou de rêves berbères* a allumé en moi ce soir.

Je vous inviterais bien à courir voir son spectacle, mais aux dernières nouvelles, le directeur du théâtre lui aurait délivré un avis d’expulsion samedi dernier. Décidément !

La prochaine fois, ne le ratez pas !

* « L’allumeur de rêves berbères » est le titre d’un de ses romans que je n’ai pas lu mais dont j’aime beaucoup l’expression du titre, en nostalgique de ce beau métier cher au Petit Prince de Saint-Exupéry. 
 

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avis d’expo, de spectacle ou avis de théâtre ou encore avis de ciné !

Dans la maison

Allez savoir qui manipule qui dans ce thriller bien amené par François Ozon, très jubilatoire j’ai trouvé dans son approche et de par la prestation de ses acteurs bien choisis.

Luchini égal à lui-même, le jeune Ernst Umhauer, banal élève doué très crédible de normalité, Kristin Scott Thomas, presque aussi nature que sa galerie d’arts invraisemblables est naturiste et où Yolande Moreau, dédoublée en sœurs jumelles peinturlurées des pieds à la tête, complète parfaitement les objets et autres tableaux loufoques. Je mettrais un bémol pour la famille des Rapha, père et fils, d’une classe moyenne caricaturée à souhait et dont Emmanuelle Seigner force un peu trop le trait. Bref !

Qui manipule qui ?

Telle semble être la question à se poser à la sortie du film. Mais sans aucun doute le réalisateur le spectateur. Telle semble être la seule réponse que j’ai trouvée.

Car si cette question se pose en fil conducteur pour le spectateur tout le long du film, c’est pour répondre à une autre question que traduit sous la forme d’un schéma simple le professeur de français à son élève.

Quel est le désir, le but final de celui qui écrit… ou qui manipule ?

A cette question, je vous attendais au tournant de la chute, monsieur Ozon, avec autant de délectation que la déception a été grande à l’arrivée. Je suis entré dans le roman avec vous, avec le professeur, avec l’élève.

Et comme eux, je me suis pris au jeu, et comme eux, je ne voulais pas être déçu. Oh non, monsieur Ozon !

Car à trop manipuler, on finit par laisser des traces, un peu grossières parfois jusqu’à casser son jouet, mon jouet… à trop appuyer dessus.

Je ne détaillerai pas ici cette déception pour ne rien dévoiler de la chute, mais devenu co-scénariste forcé, la fin méritait à mes yeux plus de subtilité, de machiavélisme peut-être, de crédibilité surtout sur certaines scènes, enfin plus d’originalité qui aurait laissé ce spectateur-réalisateur en manipulé conquis.

Cet avis est purement subjectif et n’enlève rien à l’intérêt, la curiosité ou le plaisir du film que je vous conseille d’aller voir pour vous l’approprier. Vous qui écrivez ou avez écrit, c’est une vraie leçon d’écriture qui vous fera sourire. Et avec quel professeur !

Mais par pitié, à toutes les questions que le film pose déjà, ne vous rajoutez pas celle-ci, inutile : « Mais pourquoi il n’a pas aimé la fin ? ». Il n’y a pas d’explication rationnelle.

 

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Satanée liberté d’expression !

Les pages blanches ont beaucoup à faire depuis quelques jours pour penser les plaies de notre société, béantes de crétinerie et de haine.

L’encre a assez coulé.

Au café, une de nos pages se froisse, ses mots n’ont qu’à bien se tenir.

« Stop ! Restez là, groupés !
– Pas d’éclats, s’il vous plaît !
– Non, non, j’ai dit ! … Blasphème, reviens ici s’il te plaît ! 

– Oui mais nous on veut jouer !

– J’ai dit non, c’est non ! … C’est trop dangereux dehors !
– Mais pourquoi ? …les dessins, ils ont droit eux ?
– Ca les regarde !
– Il est où M…
– Chut ! … laisses-le tranquille. Tu le cherches tout le temps et après tu te plains que ça finisse mal.
– Mais il est où, je veux juste jouer ? Promis on reste tranquille !
– Il est dans sa chambre et il ne sort pas jusqu’à nouvel ordre, point !

– Oncle Charlie, oncle Charlie !! … tu nous emmènes, dis ! … s’il te plaît !!!

– Ah ben te voilà toi ! … t’as encore fais des tiennes ! Décidément, c’est plus fort que toi !
– …
– Oncle Charlie, Oncle Charlie !! …
– Taisez-vous ! … filez dans vos chambres !
– Comment veux-tu que l’on éduque nos mots si tu les mets dans cet état ?
– …
– Hein, ben réponds ! … T’as vu comment ils sont excités ? … tu pourrais tenir les tiens !
– Qu’est-ce que tu veux entendre ? Ce ne sont que des enfants, avec leur insouciance, leur vérité crue. Ils ont besoin de courir à travers sens, escalader des montagnes pour voir ce qui se cache derrière…
– Sornettes ! … fais preuve de responsabilité pour une fois, Charb !
– La responsabilité, le mot d’ordre a parlé. Et ses moutons le suivent de son altitude morale jusqu’à l’avaler … par terreur.
– Tu réponds toujours à côté, tu m’fatigues ! …  t’es vraiment incorrigible !

– C’est ma nature, consœur, c’est ma nature ! »

Au café, nos pages blanches accueillent vos mots comme ils sont, avec leur enthousiasme, leur verve et leur créativité, même débordante, dans un bon état d’esprit, toujours.

Nous demandons juste qu’ils soient un minimum propres, qu’ils ne fassent pas sur eux, quoi…  qu’ils soient sains… oups !… sans ‘t’ bien sûr !
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Des jeux pour tous, on dit cap ?

Hier soir les jeux paralympiques se sont refermés sur Londres laissant derrière la poudre des artificiers qui ont illuminé son ciel un double sentiment.

Le premier est celui d’une réussite, d’une belle histoire écrite encore une fois par une organisation britannique faste et exemplaire qui a su mettre les moyens et l’engouement, plus que lors de la dernière édition à Pékin notamment, dans cet événement planétaire qui n’a pas pour autant enflammé le reste du monde.

Parce qu’il me semble difficile d’ignorer ce sentiment de malaise face à l’hypocrisie de la couverture médiatique, je parle notamment en France, quasi nulle ou ostentatoirement moralement correcte, par reportages mielleux interposés, par images empruntées à France Télévisions qui diffuse elle-même en différé des épreuves dont les commentaires semblent soudain handicapés du vocabulaire adapté.

Il nous semble si difficile, journalistes et spectateurs, amateurs de sports et des JO, de voir à travers ces exploits paralympiques autre chose que des parcours individuels, des histoires dures et belles souvent, quand l’athlète handicapé, de haut niveau, voudrait, lui, que l’on souligne d’abord sa performance sportive et que l’on oublie son handicap.

Une hypocrisie dissimulée dans le regard que la société des valides porte sur ces jeux-là et dans la retransmission amplifiée des exploits dont chacun derrière son poste ou son journal n’a rien à battre quand les athlètes eux se démènent pour battre leurs propres records dans des performances bien plus propres, elles.

Cherchez sur le site du journal « L’Equipe » le tableau des médailles des JP (si je peux me permettre le sigle). Si vous trouverez des articles sur les exploits paralympiques, le menu, lui, est resté celui des JO  du mois d’août avec les disciplines des valides. Pas de tableau de médailles des Jeux Paralympiques.

Pourquoi marquer la différence dans cet événement où le sport pour tous, du tous ensemble, semble être le message revendiqué par le baron de Coubertin ?

Les handicapés ne sont-ils ni plus ni moins que nos semblables, nous même, demain, homme ou femme dont la vie s’est heurtée à un accident qui ne nous a rendu pas tout à fait le ou la même.

La différence doit-elle faire toujours l’objet de ségrégation ?

N’a t’on pas dépassé l’idée même de créer des jeux femalympiques ou encore négrolympiques ?

Il y aurait bien des manières de faire la fête ensemble, pour une organisation aussi riche que le CIO s’il en avait vraiment la volonté.

Prévoir des jeux sur trois semaines, voire un mois, en intégrant toutes les disciplines, tout simplement.

On pourrait même créer des disciplines où l’handicap n’en est plus un.

L’image n’était-elle pas belle de voir ce sud-africain, Oscar Pistorius, courir avec les valides munis de ses lames au pied ?

Et si tout le monde avait des lames, un fauteuil, les yeux bandés ?

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L’exploit sur un pied d’égalité, chacun poussant son corps, mutilé ou non, à se dépasser. Est-ce si difficile à imaginer, à créer ?

Demandez aux enfants… comment il font preuve instinctivement de créativité quand il s’agit de jouer ensemble avec tout ce qui leur tombe sous la main.

Pendant ce temps-là, le film « Intouchables » séduit la terre entière en devenant le film français le plus vu par delà le monde. La belle jambe !

Alors les jeux pour tous à Rio, on dit cap ?

Faites preuve d’imagination, de créativité… trouvez des disciplines sportives où les handicaps n’en seraient pas.

Je sais pas moi… « La nage libre à portée de bras (jambes attachées) »… à vous !

N’hésitez pas à inventer avec le sourire !

Le bon, la brute et le truand !

Les brèves d’Ovalie

Le top 14 a repris depuis une semaine et déjà les stars sont à l’affiche !

Les trois prétendants au Brennus, sur le podium la saison passée, crèvent à nouveau l’écran du championnat de France dans une nouvelle réalisation spaghetti à la Sergio Leone où l’an passé l’individualisme et l’anarchie en ont été trop souvent les piliers, talonnés par l’enjeu, laissant le jeu quelque part dans les lignes arrière.

Les trois prétendants au titre de champion, héros incontournables de ce nouveau long métrage produit par la LNR, ont endossé les rôles principaux, comme l’année dernière.

Toulouse, le bon, celui qui produit le beau jeu, sans forcer, sans en rajouter hors des terrains, celui qui dégaine au bon moment et qui gagne toujours à la fin.
Clermont, la brute (ou l’abruti selon), celui qui tue sans pitié, le rouleau-compresseur en attaque mais qui sait aussi se laisser avoir bêtement, de cartons pleins en cartons jaunes, de fautes de mains en faute de points, le dindon de la farce, au final.
Toulon, le truand, celui qui commet des fautes sans se faire p(r)endre, celui qui parle trop et qui se voit infliger une traversée du désert, payante, de connivence avec le bon, en rouge et noir lui aussi, ils se partagent le butin final dont la gloire revient toujours au même.

Voilà donc à nouveau les trois personnages de ce TOP14, les armes en mains, en quête du graal, enterré quelque part dans le cimetière des phases finales, cimetière car l’an passé, le rugby y semblait mort et enterré à tel point que le blondin toulousain n’eut qu’à déterrer l’or de son 19ème Brennus.

Qu’en sera-t-il cette saison ?

Pas dit que ce TOP 14 nous rejoue le même film tant s’invitent à l’écran Biarritz et Bayonne dans un tout autre scénario de « Il était une fois dans le sud-ouest », dont le rugby habillé l’an dernier par des cache-poussières, ou des cache-misères parfois, semble aujourd’hui mieux armé et prêt à jouer, non de l’harmonica, mais une partition de haut vol qui pourrait bien mettre les deux formations basques sur les bon rails d’un chemin de faire bien mieux pour ne pas sombrer cette fois.

Et ça commence plutôt pas mal pour elles !

Quant à Paris, Racing Métro, Castres et Montpellier, ils ne se laisseront pas conter un western aussi facilement et affichent déjà dans la production des deux premières journées un tout autre genre.

Et s’il était une fois l’Amérique, pour ces protagonistes aux phases finales ?

Par contre pour Grenoble, Bordeaux, Agen, Perpignan et Mont-de-Marsan il faudra se battre jusqu’au bout pour survivre au milieu de l’élite, dans un bien long métrage aux airs d’un « Il était une fois la révolution », au moins.

Retrouvez la rubrique Brèves d’Ovalie chaque semaine (ou presque) pour revivre les grands moments de rugby  autrement, sous ma plume désinvolte et partisane.

Vous pouvez suivre les articles directement sur le blog dédié : mondialrugby2011.canalblog.com/

London calling

« Les Britanniques ont mis un tapis rouge pour les athlètes français pour gagner des médailles. Je les en remercie beaucoup, mais la compétition n’est pas terminée. »
« C’est le résultat de l’Europe qui va compter. On mettra les médailles françaises dans l’escarcelle de l’Europe, comme ça les Britanniques seront contents d’être européens. »

Le 30 juillet dernier, alors que Paris voyait défiler les allemands, en culottes courtes, sur les rives de la Seine, claquant leurs tongs sur les palettes en bois qui ornent la plage de leur débarquement, armés de glaces Berthillon, notre président de la république tentait, lui, d’entrer à son tour dans l’histoire en s’initiant au fameux appel de Londres, sur fond de clash avec son allié anglais, telle une épreuve de Gymnastique sur tapis rouge avec figures de style imposées. (Hou ! … Soufflez !)

Oui mais Hollande n’est pas De Gaulle !

Alors qu’il appelait les anglais, ce lundi-là, trois jours après l’ouverture des jeux olympiques dans la capitale britannique, marquée par une cérémonie dont le spectacle a déjà époustouflé le monde entier, méritant sans conteste une première médaille d’or pour son réalisateur Danny Boyle, alors que notre président appelait ce lundi-là, les britanniques à s’unir avec l’Europe dans la guerre financière mondiale qui les assaille, imageant avec la malchance qui semblait les gagner dans leurs propres jeux, privés alors de médailles, et arguant avec ironie l’aura français et ses 4 médailles d‘or qui pourraient contenter les britanniques dans leur Europe… (attention on retombe sur ses pieds !), voilà que ces derniers répondent encore une fois à leur manière, en faisant cavaliers seuls, ramassant les médailles à la pelle et se plaçant à la troisième place, derrière les Etats-Unis et la Chine, avec 28 médailles d’or, quand la France, redescendue à la septième place, n’en compte à ce jour que 10, et c’est déjà une performance. (Ouh ! … soufflez à nouveau !)

Si c’est le résultat de l’Europe qui va compter, monsieur le président, il semble que cette dernière devra surtout compter sur les britanniques pour briller d’or devant les américains et les chinois.

Et pas sûr que demain les anglais soient plus Euro qu’avant. Mais aujourd’hui ils n’en sont pas moins heureux, c’est sûr !

En tout cas, l’appel semble avoir été entendu !  (Révérence ! )

(Une phrase, une figure, des mots, du souffle et des muscles ! … C’est ça la gymnastique de l’écriture ! )