Mes dix ans me reviennent…

« J’ai dix ans, je sais que c’est pas vrai mais j’ai dix ans ! » chantait Alain Souchon.

Mes dix ans me reviennent parfois avec toutes ses questions aussi bêtes que naïves sur ce monde d’adultes qui est le mien désormais et auquel je ne me fais toujours pas.

Pourquoi faut-il que nous remboursions la dette, papa ?

Papa n’est plus là pour répondre, ou bien il est trop las pour s’y aventurer avec son grand âge, tout juste arriverait-il à marmonner : « Oh tu sais de mon temps…», je suis assez grand pour comprendre tout seul, me dirait ma sœur, déjà grand-mère.

Oui mais voilà, je ne comprends pas !

Qui c’est qui a dépensé l’argent que l’on n’avait pas, si ce n’est pas mon père, ma mère qui ont toujours fait attention, un peu trop à mon goût, le découvert à la banque leur faisant autant peur que la prison, ma sœur unique, qui travaillait à la Samaritaine et qui arrivait à vivre avec les trois-quarts de son smic, le reste engraissant un livret A, un PEL, un CEL et un livret développement durable pour faire face à son avenir que quand elle sera mariée et qu’elle aura des enfants.

Quant à moi, je suis rentré dans la banque qui a vendu à ma sœur son livret A, son PEL, son CEL et son livret développement durable lui assurant que quand elle sera mariée ce sera mieux pour la maison, les travaux et la voiture de Fred, mon beauf. J’ai travaillé honnêtement pour un salaire honnête, j’ai emprunté et remboursé honnêtement, j’ai consommé avec cet argent honnête des produits honnêtes que vendaient des magasins honnêtes.

Alors quoi… pourquoi je dois rembourser la dette, moi ? Qui a emprunté des milliards si ce n’est pas moi ?

Un homme d’affaires au comptoir, surgissant de son journal, m’a interloqué :

« On est tous dans le même bus mon vieux ! »

Puis, enfilant son verre cul-sec, il a commencé à vouloir m’expliquer. Je me souviens m’être bloqué à l’arrivée du mot compétitivité. Je n’entendais que Titi, et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ouïs qu’il fallait fermer le ‘Rosminet. Et puis le mot croissance me rappela soudain que je devais grandir encore, manger de la soupe toujours, du haut de mes un mètre vingt. Bouh, c’est petit pour mon âge, pensais-je. Mes pensées se perdaient dans cette forêt de mots, si dense qu’elle masquait tout ciel possible, moi qui rêvais de lune et d’étoiles, de planète du Petit Prince, de rose, de renard apprivoisé et de plein de couchers de soleil. Mon esprit et mes yeux se brouillaient quand un autre monsieur plus rigolo avec des grosses bretelles et un nez rouge, sauf que c’était son vrai nez, se pencha sur moi, du haut de son tabouret de trois mètres, et me parla de notre planète, pas toujours rose, de ses grands princes et autres renards mal apprivoisés.

« Ecoute petit, imagine que l’on soit tous dans ce bus…
– Tous ?
– Oui, le monde entier, petit, dans un bus tellement grand que tu ne peux même pas voir le chauffeur.

– Whouah !

– Aux premiers rangs ils sont quelques privilégiés seulement à voir la route et à discuter avec le chauffeur. D’ailleurs, ce sont eux qui lui donnent les indications sur l’itinéraire à prendre. On les appelle les financiers. Ils sont plutôt agités et les politiques derrière, les commissions qui encadrent le voyage ont du mal à les faire taire, surtout quand ils scandent le même refrain à tue-tête. (il chante)

« Chauffeur si t’es champion, appuie-euh ! …appuie-euh ! … Chauffeur si t’es champion, appuie sur les millions ! »

– Pourquoi ils chantent ça ?
– Parce qu’ils sont euphoriques, comme toi quand tu vas en colonie de vacances, tu es pressé d’arriver à destination. Eux, c’est pareil, et encore plus quand tu sais que leur destination est un vrai paradis !
– Whouah ! … et ils nous emmènent tous là-bas ?
– C’est ce qu’ils nous font croire, sauf que, à quelques milliers de rangs derrière encore, certains analystes, plutôt sceptiques, voient arriver le danger.
– Quel danger ?
– Des fossés à chaque virage, le mur à l’arrivée. Alors ils demandent au chauffeur de ralentir, voire de s’arrêter. Seulement il ne les entend pas d’autant que les autres chantent plus fort et le bus va à deux cents à l’heure, projetant dans les ravins ceux qui se sont trop penchés à ses fenêtres.
– Ho !
– Forcément, ce qui devait arriver arriva !
– Le mur ?
– Oui, un crash terrible… tuant le chauffeur sur le coup et quelques uns des privilégiés aux premiers rangs. Les autres s’en sont sortis presque indemnes après un court séjour à l’hôpital public.
– Et nous ?
– Nous ? … Certains se sont fait éjectés de part et d’autres du bus, d’autres n’ont pas survécu. Et pour ceux qui restent, ils n’ont pas d’autres choix que de monter dans le nouveau bus, affrété par ces mêmes financiers qui indiquent la même route au nouveau chauffeur. Sauf que le ticket est devenu beaucoup plus cher pour que la compagnie du bus rembourse ses dettes à cause des réparations.

– Mais moi je ne veux plus être dans ce bus !

– Tu veux rester au bord de la route ? Regarde-les ceux-là, ils pensaient comme toi et une fois dehors, regarde comme ils essayent de s’accrocher, pieds nus, affamés, la tête dans le pot d’échappement … il n’y a rien dehors, une misère plus grande que celle de ceux qui sont au fond du bus…
– Mais qu’est-ce que je peux faire alors ?
– Tu payes ton ticket, tu te cales bien dans ta place et tu attends. Au mieux tu rouspètes avec la rangée de devant. Et peut-être que si on est nombreux à chanter fort, on nous entendra devant. Peut-être… »

Mes yeux s’ouvraient en grand, le tabouret rapetissait, les bretelles ne faisaient plus qu’une, en une jolie cravate et le rouge du nez avait désormais gagné les joues de l’homme d’affaires qui me tapa sur l’épaule.

« Et ben mon vieux, faut pas faire une tête pareille, on dirait un un gamin qui a perdu sa maman ! »

J’ai dix ans, laissez-moi rêver que j’ai dix ans !

Buller dans le parc…

Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien se dire, ces deux-là ?

L’autre jour je bullais dans le parc de Versailles, côté jardin précisément. Allongé sur le dos sur un banc de marbre au niveau de la fontaine de la Pyramide, je travaillais mes abdos, comme toujours après mon footing et mes étirements :
« une minute vingt, une minute vingt et une, argh ! …vingt-deux, arrrgh ! … vingt… tr..ois … »
Quand à quelques mètres de moi des éclats de voix me firent me redresser d’un bloc sur le banc.
« Vingt quatre ! »
Je me retournais en direction de  l’allée des Marmousets, ou l’allée d’Eau, comme vous voulez, vous savez cette allée qui descend jusqu’aux bassins du Dragon puis de Neptune avec ces espèces de chérubins potelés et joufflus qui dansent et jouent soutenant une énorme vasque au dessus de leurs têtes. Non ? … ce n’est pas grave !
Deux personnages, chacun sur son piédestal, l’un haranguait l’autre qui faisait tout pour l’énerver, dans une sorte de jeu à la « je t’aime, moi non plus ». Seulement d’où j’étais je ne distinguais pas leurs mots.
Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien se dire ces deux-là ?

Je suis sûr que vous avez une petite idée !

Remplissez ces deux bulles avec ce qui vous vient à l’esprit.

Vous n’allez tout de même pas rester de marbre !

Les brèves du Café…

Brève au comptoir

« C’est comme ça et puis c’est tout ! conclut Tonio. Et d’ajouter :
– C’est encore moi le patron que je sache !
– Rrrhan ! ».

Françoise rageait à l’intérieur. Elle trouvait l’idée ringarde et le faisait savoir à son patron… à sa façon. Le vieux n’aurait jamais laissé passer ça. Le Café de la Page blanche associé à la « beauferie » des idées de ce type.

« Pff … ».

Elle repassa derrière le comptoir sans regarder son interlocuteur.

« Oh, tu peux pouffer à défaut de faire des phrases. Elle est belle la discussion ! » reprit Tonio.
– Ben z’est vrai que z’a pas été trop le ztyle de la maizon… » crut bon d’intervenir Zozotte.
Toi, ressers donc un coup à Pierrot, tu vois bien qu’il est à marée basse au lieu de te mêler d’affaires qui ne te regardent pas ».

Tonio enchaîna, prenant Pierrot à témoin.

« C’est vrai quoi, j’vois pas où est le problème. Ce tableau noir, il est pratiquement vide depuis qu’on a rouvert il y a six mois. Qu’est-ce t’en penses toi ?
– Ah, moi j’trouve que c’est une idée géniale. Ça nous évitera d’aller chez les rosbifs samedi prochain !
acquiesça le plus fidèle des clients du patron.
– Haaaan, gros malins !  lâcha Françoise dans sa plus longue phrase de cette discussion qui durait depuis une heure déjà.

– C’est quoi ces han de… p… porteuses d’eau ? s’agaça Tonio, cherchant ses mots. T’es fatiguée ? .. Euh… mets moins d’eau dans le pichet si c’est trop lourd ! »

Il esquissa un sourire quand Françoise baissa la tête et attrapa deux assiettes qu’elle claqua brusquement dans l’évier. L’eau du robinet s’écrasait dessus à haute pression. Ainsi exprimait-elle sa colère dans une symphonie de fracas de vaisselle.

« Haha ! … Des han de porteuse d’eau, haha ! C’est bon, ça ! s’esclaffa Pierrot.
– Heiin ! … Z’est pas de vous, za ! » osa se mêler à nouveau Zozotte tout en servant sans regarder un deuxième whisky au client privilégié du patron.
– Stooop ! hurla Tonio qui voyait son alcool dix ans d’âge partir gratuitement. On voit que c’est pas toi qui le paye.
– Merci Zozotte ! Les yeux de Pierrot pétillaient devant une telle rasade.
– Et après ?
s’insurgea Tonio, c’est interdit de s’en servir pour faire un bon mot. Moi aussi j’ai lu Molière !
– C’est De Rostand,
le reprit Pierrot en aspirant du bout des lèvres le trop plein de son alcool à la limite de déborder du verre.
– De Roustand ? … heiin ? … Je l’ai jamais entendu dire ça et pourtant je le suis depuis Téléfoot, je suis fan de son blog dans l’Equipe.
– Mais non, j’te parle d’Edmond De Rostand, Cyrano de Bergerac. Et l’autre hé… Roustand haha !!
– Ah ben oui, c’est dans ce film même qu’il y a la fameuse réplique… euh.. c’est un pif, c’est un cap…
Il moulina ses gestes de sa main droite pour poursuivre avec un ton théâtral. Oh, que dis-je c’est un cap, c’est… euh… c’est une euh… insule ! »

Puis il se reprit, gêné :

« Euh, bon.. je sais plus trop mais… mort de rire ! » Et il rit.

Voilà que Fernand fit son apparition. Onze heures deux minutes. Une vraie horloge ce Fernand.

« Bonjour !
– Bonjour !
– Salut !
– Oh ! Bonzour m’zieur Fernand !
– Ah, je vois que Françoise n’est pas dans un bon jour,
lâcha le poète tout en lui adressant un sourire.
– Bonjour Fernand. Je suis juste un peu énervée, là !
– Ben oui, le bozz veut nous mettre un écran zéant devant le tableau pour zuivre les matss de rugby,
intervint spontanément Zozotte.
– Ouais et alors, poursuivit Tonio, j’vois pas où est le problème. Faut qu’il y en ait pour tout le monde ici.
– Pourquoi pas ? C’est une bonne idée, dit Fernand en se tournant vers Françoise.
– Pff !

– Madame trouve que ça fait pas assez littéraire pour l’endroit.

– Ben oui, z’est pas l’ztyle de la maizon…
– Moi j’aime bien le rugby même si je ne comprends pas tout,
ajouta Fernand. Et puis, c’est une matière à écrire comme une autre. Ca peut donner l’occasion de s’initier à une chronique sur les résultats des matchs, non ?
– Voilà, Fernand nous fait la chronique et on l’affiche en vitrine le lundi,
conclut Tonio, fier d’avoir gagné son bras de fer avec Françoise. Il a horreur quand ils se font la tête, ça peut durer très longtemps.
– Ah, mais je n’ai pas dit que ce serait moi le chroniqueur sportif. J’en suis bien incapable, alerta tout de suite Fernand.
– Mais qui alors ? demanda Tonio
– Toi ! Je suis sûr que tu as la verve pour nous concocter des petites brèves hebdo sur le sujet.
– Moi ? Tonio rougissait sans s’en rendre compte.
– Lui ?
s’étouffa Zozotte incrédule.
– Pff !
– Mais oui ! confirma
Pierrot déjà à sec depuis cinq minutes qu’il écoutait ses amis débattre. Ca s’arrose, non ?
– C’est la tournée du patron »
le rassura Tonio.

Une phrase qui sonnait comme un Alléluia dans les oreilles des quelques acolytes accoudés au comptoir.

Ainsi naquirent les brèves d’Ovalie ce matin-là, au comptoir du Café de la Page blanche.

Vous voulez la suite ? … cela ne dépend que de nous  !

Le décor est planté ! La rubrique Brèves du Café nous attend pour animer ce petit monde selon notre imagination et notre culture sitcom, série télé ou scène de théâtre !

Et n’oubliez pas, les Brèves d’Ovalie se mettent à jour chaque week-end… ou presque !

Vous pouvez suivre les articles directement en vous ABONNANT au blog : mondialrugby2011.canalblog.com/

A toi, à mots !

« Il n’y a plus d’eau ! » s’exclama Mimi en revenant du puits.

Le chef du village décida de réunir les sages aux premières lueurs de l’aube. Mais elle tardait à venir, la pauvre nuit refusait de partir.  De plus, ce qu’il ne savait pas, c’est qu’ils étaient partis chasser le perdreau.
« Hein, la nuit ? … tu es sûre, Mimi ? … me v’là beau !
– Je m’en vais quérir le grand sage auprès de l’arbre à palabres ! »

Et il s’en alla au petit matin sur le chemin de sa quête avec sa canne et un chapeau.

Nous sommes quelques-uns à l’avoir suivi plein d’enthousiasme.

Vous êtes quelques-uns aussi à vous être perdus, comme lui, dans le désert des mots sans cette foutue lettre ‘o’, interdite, et avec au moins une fois le son ‘o’, phonétique.

Et pourtant, les quelques que nous restons encore puisons des mots nouveaux chaque tour pour relever le défi et surtout se défier entre nous avec l’esprit joueur.

Petit clin d’oeil à Gwenaëlle qui tient bon la barre de cette aventure. Bravo !

Rejoignez-nous et étonnez-vous…

dans ce jeu où les univers de chacun ne font plus qu’un, où votre famille de mots s’agrandit, où une histoire invraisemblable se tisse au fil de votre imagination !

A toi, à mots, c’est ici... où là haut dans l’onglet Jeu d’écriture… juste en dessous !

Essayez ou revenez-y ! …  Anaïs, Pascal, Smoreau, Véronique, vous séchez ou quoi ?

Tant que je vous tiens, vous qui passez par là, ce blog, ses sollicitations, ses jeux d’écritures, l’ami Caouette, le Jazz Band virtuel, vous en pensez quoi ?

Réagissez !

My name is Band, Jazz Band !

Imaginez…

Le meilleur du Jazz réuni dans un groupe de rêve, créé de toutes pièces pour vous par le Café de la Page blanche.

Sa mission ? … vous faire écrire autrement … avec du rythme et du son !

Composé principalement de son trio aux cuivres retentissants, Miles Trumpet, Charlie Sax et Bennie Trombone, ainsi que des intarissables rythmeurs fous, Marcus Bass et Billy Drums, tantôt accompagnant la voix éclatante et sublime d’Ella Voice, tantôt accompagnés par les diaboliques frères Jimi Gibson et Stevie Ray Fender, sans oublier le soliste génial Herbie Keyboard, ce groupe de jazz insolite anime sur ce blog un jazz littéralement déjanté, empreint de vos propres élucubrations.

Je m’explique.

Comme cela vous chante et quand cela vous chante, ces musiciens virtuoses et virtuels improvisent vos dialogues avec leurs instruments.

Comment ?

C’est simple. Sur n’importe quel sujet qui vous passe par la tête, comme en musique on part sur un thème, il s’agit pour vous d’improviser une réplique (simple) ou des dialogues entre eux en respectant la contrainte de leurs caractères et du son de chacun de leurs instruments tels que je les ai imaginés pour vous.

Par exemple :
Miles trumpet emploie beaucoup le son ‘t’, laissant traîner certaines voyelles : « Taratata, tu te tais ! ». Il est leader de la section cuivres et cherche toujours à imposer son avis dans les discussions.
Charlie Sax allie au maximum les sons ‘s’ et ‘x’ « C’est qu’c’est sexy ça ! ». C’est un sensuel autant que vicieux, il ramène tout aux filles et au sexe.
Bennie Trombone emploie surtout le son ‘ou’ derrière une consonne : « Bouh, ça me dégoute ! », un côté nounours,  il bougonne toujours, pouffe, n’est jamais content.
Marcus Bass emploie des sons qui résonnent, du genre ‘ding’, ‘deng’, ‘dong’. « Dis donc, tu joues comme un dingue ! ». Il sait tout, recadre tout, c’est le sérieux du groupe, celui qui raisonne.
Billy Drums ne parle qu’en mesures, avec un nombre de pieds réguliers (souvent en alexandrins) dont chaque premier temps commence par le son ‘t’ : « Tu dis n’importe quoi, t’es tombé sur la tête ! ».
Ella Voice utilise surtout des mots commençant par une voyelle ou un ‘h’ aspiré avec des sons qu’elle aime laisser traîner : « Hooo ! il est a-doraaable ! ». Elle est un peu hystérique, extravertie… avec un accent américain pourquoi pas. C’est une staaaar quoi !
Les frères Gibson et Fender adorent monter le son et parler tous seuls, avec des riffs courts comme des phrases jamais terminées, répétées, bégayées, avec des interjections en guise d’effets, ils s’exclament plus qu’ils ne s’expriment : « Whaou, c’est … c’est, whaou ! »
Herbie Keyboard parle tout à fait normalement et clairement, sans contrainte quoi ! …

L’idée  première…

C’est de créer une situation autour de dialogues qui fassent interagir ces musiciens comme s’ils étaient sur scène, les mots devenant les notes qui sortent de leurs instruments… avec du rythme et du son !

L’idée seconde…

C’est que l’on arrive à reconnaître qui parle, grâce aux consonances des phrases qui caractérisent les instruments, sans avoir à préciser leurs noms devant chaque dialogue.

  • Pour commencer, reprenez systématiquement le premier mot en gras de chaque phrase des exemples ci-dessus (Miles Trumpet : « taratata ! »).
  • Vous n’êtes pas obligé de tous les faire participer, tout comme vous pouvez personnaliser chaque musicien à votre sauce. Ce qui est écrit ci-dessus est à titre d’exemple.
  • N’hésitez pas à intégrer Herbie Keyboard qui lui n’a pas de contrainte.

On essaye ? … suivez-moi comme bon vous semble !

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez « Des mots sur un air de jazz… » !
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Satanée liberté d’expression !

Les pages blanches ont beaucoup à faire depuis quelques jours pour penser les plaies de notre société, béantes de crétinerie et de haine.

L’encre a assez coulé.

Au café, une de nos pages se froisse, ses mots n’ont qu’à bien se tenir.

« Stop ! Restez là, groupés !
– Pas d’éclats, s’il vous plaît !
– Non, non, j’ai dit ! … Blasphème, reviens ici s’il te plaît ! 

– Oui mais nous on veut jouer !

– J’ai dit non, c’est non ! … C’est trop dangereux dehors !
– Mais pourquoi ? …les dessins, ils ont droit eux ?
– Ca les regarde !
– Il est où M…
– Chut ! … laisses-le tranquille. Tu le cherches tout le temps et après tu te plains que ça finisse mal.
– Mais il est où, je veux juste jouer ? Promis on reste tranquille !
– Il est dans sa chambre et il ne sort pas jusqu’à nouvel ordre, point !

– Oncle Charlie, oncle Charlie !! … tu nous emmènes, dis ! … s’il te plaît !!!

– Ah ben te voilà toi ! … t’as encore fais des tiennes ! Décidément, c’est plus fort que toi !
– …
– Oncle Charlie, Oncle Charlie !! …
– Taisez-vous ! … filez dans vos chambres !
– Comment veux-tu que l’on éduque nos mots si tu les mets dans cet état ?
– …
– Hein, ben réponds ! … T’as vu comment ils sont excités ? … tu pourrais tenir les tiens !
– Qu’est-ce que tu veux entendre ? Ce ne sont que des enfants, avec leur insouciance, leur vérité crue. Ils ont besoin de courir à travers sens, escalader des montagnes pour voir ce qui se cache derrière…
– Sornettes ! … fais preuve de responsabilité pour une fois, Charb !
– La responsabilité, le mot d’ordre a parlé. Et ses moutons le suivent de son altitude morale jusqu’à l’avaler … par terreur.
– Tu réponds toujours à côté, tu m’fatigues ! …  t’es vraiment incorrigible !

– C’est ma nature, consœur, c’est ma nature ! »

Au café, nos pages blanches accueillent vos mots comme ils sont, avec leur enthousiasme, leur verve et leur créativité, même débordante, dans un bon état d’esprit, toujours.

Nous demandons juste qu’ils soient un minimum propres, qu’ils ne fassent pas sur eux, quoi…  qu’ils soient sains… oups !… sans ‘t’ bien sûr !
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Mignonne, allons voir si la rose…

Premier essai…

Mathilde, 29 ans, mariée et fidèle, rêve toujours de prince charmant et de robe de princesse, nostalgique du plus beau jour de sa vie, dix ans déjà !
Sandrine, meilleure amie de Mathilde, 33 ans, l’âge du Christ, mais rien à foutre, pas croyante, le mariage, très peu pour elle, célibataire, hédoniste de nature, aime faire la fête, danser, boire un p’tit coup, ou deux, et transgresser les codes dès qu’elle peut.
Catherine, Cathy pour les intimes, collègue de Mathilde, 38 ans et toujours célibataire, à fond sur Meetic, rêve de mariage en grand avec une robe blanche, elle y croit !
Lætitia, chef de Mathilde et Cathy, 45 ans, divorcée, deux enfants, terminé pour elle les mecs qui ne s’assument pas et jouer leur mère au foyer, elle veut voyager et s’éclater, profiter de la vie, quoi !
Joëlle, mère de Mathilde, 57 ans, veuve depuis cinq ans, elle a fait son deuil, mais les hommes, le mariage, c’est de l’histoire ancienne.

L : Mais pourquoi ? … C’est pas destiné qu’aux futures mariées cette soirée !
S : Ben ouais, il paraît que ça va être génial, on va faire la fête et tout !
L : Y aura même des tas de bonnes choses à déguster, autant à manger qu’à boire !
S : Ouais, des macarons de chez Guinon … Humm !!!
C : Moi j’y vais pour le défilé. Vous pensez vraiment qu’à bouffer et picoler !
J : Non, non, moi j’ai rien à y faire ! Ma fille est déjà bien mariée et elle n’est pas prête de recommencer. Hein, ma Choupette ?
(soupir long) : Ah !!! … ouais, c’est vrai !
S : Regardez-la, comme elle a encore des pépites dans les yeux. Tu paries que si on t’y emmène, tu ressors ta robe illico en rentrant !
L : Tu ne remettrais pas ça quand même ?
M : Non, bien sûr… enfin… pas avec un autre…
J : Ca veut dire quoi ça, ma fille ?
C : Ca veut dire qu’elle se referait bien une cérémonie avec Paul, hein ? … juste pour revivre ce jour… … avec une nouvelle robe, hein ?
M : Ouaiis, c’est clair  ! … Franchement c’est tellement…
S : Tellement quoi ? … Moi je veux bien qu’on kiffe la robe mais tout le taintouin du mariage… pitié !
M : Tout le monde est tellement gentil avec toi ce jour-là, et beau sur son 31… c’est… c’est magique… un souvenir inoubliable. Dommage que ce ne soit qu’une fois !
S : Ben alors, on a qu’à remettre ça ! … une méga teuf !
J : Pardon ?
L : Bonne idée ! … On se fait une fête pour tes 10 ans !
S : Ouais, parce que si on attend que Catherine trouve l’âme sœur, on n’est pas prêt de manger des p’tits fours !
(rires)
C : Haaan ! … c’est malin ! Je note, je note, les filles ! … Aucune de vous ne sera mon témoin je vous le dis !!! … Mais c’est une idée géniaaaale, Mathilde !
J : Vous délirez les filles ! … Vous croyez que Paul…
L : Ce sera l’occasion de voir s’il aime encore sa femme, celui-là !
S : Ouais, faudra renouveler le bail, mon vieux, sinon y a du monde derrière pour l’acquisition de Mathilde. Hein Mathilde ?
M (elle rougit) : Pff…
C : C’est clair, le petit David à la compta, s’il nous écoute, il ne devrait plus se sentir pisser !
L : Bon c’est décidé, on va tous aux Caves de la Mignonne, samedi !
J : Mais…
S : Pas de mais, vous avez un mariage à organiser, Joëlle ! … Excellent votre Pouilly, il vient de chez qui ?

Un petit clin d’œil à une amie, vendeuse de rêves autant que les robes qui les habillent, une passionnée qui crée son premier salon de mariage, un événement où l’art de de recevoir mêlés aux produits du terroir de sa belle région en soutiendront la traîne.

Un prétexte à écrire surtout qui a vu ces cinq personnages sortir spontanément de mon imagination à la manière d’un feuilleton à la « Desperate housewives ».

Qui sait, peut-être naîtra de cette inspiration un nouvel épisode d’une saga que je pourrais intituler « Mathilde se remarie ! » … ça vous dit ?

Mais pour l’instant ça se passe aux Caves de la Mignonne à Sancerre, samedi 29 septembre. Alors…

Mignonnes, allons voir s’il arrose ce salon avant que ses portes ne soient closes !

Le rendez-vous hebdo…

Retrouvez chaque week-end

  • le petit jeu d’écriture créative de Pascal Perrat,

  • les brèves d’Ovalie d’Antonio

à emporter dans le train, pour s’aérer l’esprit, ça change du « 20 minutes »! 

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Des jeux pour tous, on dit cap ?

Hier soir les jeux paralympiques se sont refermés sur Londres laissant derrière la poudre des artificiers qui ont illuminé son ciel un double sentiment.

Le premier est celui d’une réussite, d’une belle histoire écrite encore une fois par une organisation britannique faste et exemplaire qui a su mettre les moyens et l’engouement, plus que lors de la dernière édition à Pékin notamment, dans cet événement planétaire qui n’a pas pour autant enflammé le reste du monde.

Parce qu’il me semble difficile d’ignorer ce sentiment de malaise face à l’hypocrisie de la couverture médiatique, je parle notamment en France, quasi nulle ou ostentatoirement moralement correcte, par reportages mielleux interposés, par images empruntées à France Télévisions qui diffuse elle-même en différé des épreuves dont les commentaires semblent soudain handicapés du vocabulaire adapté.

Il nous semble si difficile, journalistes et spectateurs, amateurs de sports et des JO, de voir à travers ces exploits paralympiques autre chose que des parcours individuels, des histoires dures et belles souvent, quand l’athlète handicapé, de haut niveau, voudrait, lui, que l’on souligne d’abord sa performance sportive et que l’on oublie son handicap.

Une hypocrisie dissimulée dans le regard que la société des valides porte sur ces jeux-là et dans la retransmission amplifiée des exploits dont chacun derrière son poste ou son journal n’a rien à battre quand les athlètes eux se démènent pour battre leurs propres records dans des performances bien plus propres, elles.

Cherchez sur le site du journal « L’Equipe » le tableau des médailles des JP (si je peux me permettre le sigle). Si vous trouverez des articles sur les exploits paralympiques, le menu, lui, est resté celui des JO  du mois d’août avec les disciplines des valides. Pas de tableau de médailles des Jeux Paralympiques.

Pourquoi marquer la différence dans cet événement où le sport pour tous, du tous ensemble, semble être le message revendiqué par le baron de Coubertin ?

Les handicapés ne sont-ils ni plus ni moins que nos semblables, nous même, demain, homme ou femme dont la vie s’est heurtée à un accident qui ne nous a rendu pas tout à fait le ou la même.

La différence doit-elle faire toujours l’objet de ségrégation ?

N’a t’on pas dépassé l’idée même de créer des jeux femalympiques ou encore négrolympiques ?

Il y aurait bien des manières de faire la fête ensemble, pour une organisation aussi riche que le CIO s’il en avait vraiment la volonté.

Prévoir des jeux sur trois semaines, voire un mois, en intégrant toutes les disciplines, tout simplement.

On pourrait même créer des disciplines où l’handicap n’en est plus un.

L’image n’était-elle pas belle de voir ce sud-africain, Oscar Pistorius, courir avec les valides munis de ses lames au pied ?

Et si tout le monde avait des lames, un fauteuil, les yeux bandés ?

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L’exploit sur un pied d’égalité, chacun poussant son corps, mutilé ou non, à se dépasser. Est-ce si difficile à imaginer, à créer ?

Demandez aux enfants… comment il font preuve instinctivement de créativité quand il s’agit de jouer ensemble avec tout ce qui leur tombe sous la main.

Pendant ce temps-là, le film « Intouchables » séduit la terre entière en devenant le film français le plus vu par delà le monde. La belle jambe !

Alors les jeux pour tous à Rio, on dit cap ?

Faites preuve d’imagination, de créativité… trouvez des disciplines sportives où les handicaps n’en seraient pas.

Je sais pas moi… « La nage libre à portée de bras (jambes attachées) »… à vous !

N’hésitez pas à inventer avec le sourire !

Vieille comme le monde…

Cette émotion, sensation masculine, incorrigible, qui ne nous a jamais quitté, et qui ressurgit un matin sur un quai…

Beauté féminine, irrésistible, fraîcheur de l’été, quand tu nous tiens, les mots se lâchent, j’ai de quoi les noter, sur mon strapontin, comme ils me sont venus, à bord d’un train, je vous les transmets…

Elles nous rendent fous
Toutes ces jupes qui vous prennent par la taille
Toutes ces robes qui se pendent à vos cous
On voudrait, oh oui on voudrait ! qu’elles s’en aillent
Prendre leur place en vieux jaloux !
C’est comme un vent qui nous soulève
Un sentiment au fond de nous
Depuis toujours, oh ! on  en crève
De vous rendre sans dessus dessous

Ca s’est passé hier matin, sur le quai de la station Auber du RER A, ces robes et jupes en mouvements dessinant des courbes sensuelles et suggestives, comme devant une chorégraphie de Béjard, vivante et expressive.

Allez, du balais ! … j’aspirais à mon boulot désormais. 

Déjà les mots s’en allaient, chassés de mon esprit, heureusement je les ai priés de poser pour moi dans quelques notes sur mon téléphone mobile intelligent doté de l’application pour ça, ce qu’ils ont accepté sans contrainte, et les voilà !

Poser ses mots sur une émotion, un sentiment qui vous surprend, vous submerge, une image que vous trouvez belle. Ne calculez pas, notez-les comme ils vous viennent sur un bout de papier, sur votre téléphone… Et laissez-les vous mener au bout de vos sens, laissant de côté le sens qu’ils peuvent bien révéler… ou pas, au premier abord.

Et si vous partagiez vos mots, l’émotion d’une image, d’une idée, sur une page blanche !

« Mais z’est zà qu’zà veut dire alors l’émozion d’une idée ?
– Colle l’article sur la vitrine et arrête de réfléchir ! Vivement qu’on colle celui sur l’arrivée du beaujo nouveau que ça fasse venir du monde dans cette turne !
– pff ! »